Répression au Sahara occidental : Paris rappelle le droit de manifester


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La France hausse le ton contre le Maroc après une manifestation à Laâyoune en faveur de l’indépendance du Sahara occidental, réprimée par la police du royaume. Paris a rappelé son attachement au droit à manifester pacifiquement, lors d’un point presse au Quai d’Orsay, le 29 avril. Des réprimandes qui interviennent quelques jours seulement après le soutien de la France au Maroc dans son refus de voir l’ONU contrôler le respect des droits de l’homme dans cette ex-colonie espagnole qu’il a annexée en 1975.

Les manifestations ont eu lieu successivement vendredi et samedi soir. À chaque fois, selon différents témoins, c’est le même scénario : quelques centaines de personnes se rassemblent sur l’avenue principale de Laâyoune, capitale du Sahara occidental, pour scander des slogans en demandant l’indépendance du territoire ou encore que l’ONU vienne surveiller les droits de l’homme.

Ces rassemblements ont lieu régulièrement, surtout dès que le Sahara occidental est au menu des discussions aux Nations unies. Or la veille, l’ONU avait justement décidé de renouveler son mandat dans la région, mais sans y intégrer le contrôle des droits de l’homme. La manifestation était pacifique jusqu’à ce que la police vienne disperser la foule. Le rassemblement n’était pas autorisé, argumente le ministère de l’Intérieur.

En face, Amnesty International, entre autres, qui était sur place, dénonce un recours excessif à la force. Des manifestants auraient été tabassés par la police, et des pierres jetées de part et d’autre. Le bilan est d'une trentaine de blessés dont huit membres des forces de l’ordre marocaines.

Ce débordement fait tache alors que le Maroc vient justement de se présenter en État respectueux des droits de l’homme devant l’ONU.

Hier soir, un nouveau rassemblement était annoncé, mais les forces de police quadrillaient la ville. Selon le responsable local de l’association marocaine des droits humains, c’est pour empêcher toute manifestation.