Les autorités rwandaises veulent jouer la transparence sur le sort des rebelles du M23


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Jouer la transparence sur le sort des rebelles du Mouvement du 23-Mars (M23) qui ont fui au Rwanda mi-mars à la suite des combats contre une faction rivale, et surtout faire taire les rumeurs sur le renvoi d’une partie de ces derniers en République démocratique du Congo. Tel était le but des autorités rwandaises qui ont invité mercredi 1er mai la presse locale et internationale -ainsi que de nombreux représentants du corps diplomatique- dans le camp d’internement de l’est du Rwanda, où sont confinés les mutins. 682 rebelles, selon les chiffres officiels du Rwanda, loyaux à l’ancien chef politique du M23 Jean-Marie Runiga, ont traversé la frontière dans la nuit du 14 au 15 mars dernier après avoir été mis en déroute par la faction pro-Makenga. Selon les autorités, ils ont été accueillis au Rwanda pour des raisons humanitaires, ont été désarmés et ont entrepris des démarches pour être démobilisés.

Parmi les rebelles présents dans le camp : Jean-Marie Runiga, l’ancien chef politique du M23. Il a affirmé que la récente reddition à la Cour pénale internationale (CPI) de Bosco Ntaganda, chef rebelle que sa faction était réputée soutenir, était une bonne chose.

Il a également estimé que la brigade d’intervention des Nations unies, qui doit bientôt être déployée dans l’est de la RDC, ne résoudra pas tous les problèmes de son pays. « Nous demandons la levée des sanctions prises par le Conseil de sécurité contre certains membres du M23 qui sont ici et qui ont décidé de pouvoir renoncer aux mouvements rebelles dont le M23 », a-t-il également demandé.

Parmi les concernés : Jean-Marie Runiga lui-même et Baudouin Ngaruye, l’un des anciens chefs militaires de la rébellion. Alors que certaines voix avaient, ces derniers temps, affirmé qu’une partie de ces rebelles avaient été renvoyés en RDC, Séraphine Mukantabana, la ministre rwandaise en charge des Réfugiés, a été catégorique :

« Ce ne sont que des pures inventions, car comme vous l’avez remarqué vous-mêmes, ils sont tous là. Et je peux vous assurer que le Rwanda n’a et n’aura jamais, n’a même jamais eu, l’intention de déstabiliser la sécurité de la région et encore moins de ses voisins. »

Elle a également demandé à la communauté internationale de soutenir le Rwanda dans la prise en charge de ses rebelles.