Mali: à Kidal, le nouveau Haut conseil de l’Azawad veut «faire la paix avec le Sud»


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Une nouvelle initiative pour la paix est née dans le nord du Mali. Le Haut conseil de l'Azawad vient de voir le jour à Kidal, localité où l'armée malienne n'est toujours pas présente. L'initiateur de ce HCA, Mohamed Ag Intalla, un élu de Kidal, affirme vouloir fédérer tous les groupes armés ou non qui veulent faire la paix avec Bamako.

Le Haut conseil de l’Azawad (HCA) qui vient de voir le jour à Kidal dans le nord-est du Mali, se veut catégorique sur trois points : pas question de revendiquer l’indépendance d’une partie du Mali, pas question de prendre ou de reprendre les armes, et enfin pas question de faire une alliance avec les islamistes.

Fédérer les mouvements touaregs

L’ambition du HCA ? Fédérer tous les mouvements, armés ou non. Tous les groupes touaregs qui acceptent ces principes. Son objectif ? « Faire la paix avec le sud » du Mali.

Le président du Haut conseil de l’Azawad s’appelle Mohamed Ag Intalla. C’est un élu de la région. C’est également l’un des fils de Intalla Ag Attaher, patriarche, et chef traditionnel respecté de la région de Kidal, le cœur de l’Adrar des Ifoghas.

Dans un entretien accordé à RFI, le président du HCA affirme avoir déjà pris contact avec la Commission dialogue et réconciliation, récemment installée à Bamako, pour amorcer les premières démarches. Il invite également les institutions internationales, notamment l’ONU, à prendre contact avec son organisation pour « parler de paix ».

Intégrer le MNLA et le MIA

Le président du HCA, Mohamed Ag Intalla, espère vivement voir bientôt les deux principaux mouvements armés touaregs intégrer son organisation : le Mouvement islamique de l’Azawad (MIA, une dissidence du groupe islamiste Ansar Dine), et le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), ou du moins ce qu’il en reste dans la région de Kidal.

Interrogés à Bamako, plusieurs officiels apprécient plutôt les objectifs du HCA, un peu comme si, enfin, le dialogue pouvait commencer.