Mali: vives tensions entre Arabes et Touaregs au nord de Tombouctou

L'inscription «Azawad», à Gao, le 2 février dernier.
© AFP PHOTO/ SIA KAMBOU

La ville de Ber, à 60km au nord de Tombouctou est en proie à un climat de défiance. Les communautés arabe et touarègue s’accusent mutuellement de se livrer à des violences. Les hommes du MAA, le Mouvement des Arabes de l’Azawad, continuent de contrôler la ville : ses combattants s’en sont retirés, mais ils surveillent.

Les communautés arabe et touarègue de Ber sont au moins d’accord sur deux points. Le premier, c’est que la ville est calme. Pour le moment, rien ne se passe. Ensuite, aucun soldat malien, français ou burkinabé en poste à Tombouctou ne s’est rendu à Ber pour le moment. Ce que confirment des sources militaires.

Les deux parties demandent pourtant aux soldats de venir sécuriser la ville, et les forces armées assurent depuis le début des affrontements qu’elles vont venir. Le MAA, le Mouvement des Arabes de l’Azawad, continue de surveiller la ville. Ses véhicules et ses hommes en armes circulent dans la zone.

Accusations croisées

Un représentant de la communauté touarègue affirme que des animaux appartenant à des éleveurs touaregs ont été égorgés par des combattants arabes, dans le courant de la semaine. « Mensonges », répond le chef du MAA, Mohamed el-Maouloud Ramadan.

La communauté touareg de Ber affirme qu’elle n’a rien à voir avec les pillages et les agressions survenues dans les semaines passées contre des Arabes, notamment à Il Khalil, et demande à vivre en paix. « Nous n’avons rien contre les Touaregs », affirme le chef du MAA, « mais nous chasserons le MNLA, là où il se trouve ». Selon lui, ce sont les combattants du mouvement indépendantiste touareg qui sont en cause.

Quant au fils du marabout de Ber, un touareg enlevé le mois dernier par des combattants arabes, ses ravisseurs n’ont plus donné de nouvelles depuis près de deux semaines.