Sauvons le Togo: polémique sur la mort d’un militant


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Un des militants de l'organisation Sauvons le Togo, qui regroupe les partis d'opposition, est mort lors de son transfert à l'hôpital vendredi soir. Détenu dans le cadre de l'affaire de l'incendie du marché de Lomé, Etienne Yakanou, âgé de 44 ans et père de deux enfants, était malade depuis plusieurs jours. La gendarmerie nationale l'avait envoyé le matin à l'infirmerie mais selon l'Alliance nationale pour le changement, les autorités ont délibérement entravé les soins.

Qu’est t-il arrivé à Etienne Yakanou, ce militant de Sauvons le Togo, détenu dans le cadre de l’affaire du marché de Lomé et décédé durant son transfert à l’hôpital vendredi ? L’homme, père de deux enfants, serait mort d’un arrêt cardiaque selon la version officielle.

Mais pour Me Isabelle Améganvi, 2e vice-présidente de l'Alliance nationale pour le changement (ANC), M. Yakanou n’a pas été pris en charge de façon adéquate et les autorités ont fait traîner les choses.

« C’est sa femme qui m’a appelée hier matin pour me faire part des difficultés qu’elle éprouvait pour faire venir l’infirmière, a déclaré la magistrate. J’ai appelé le procureur, et finalement l’infirmière a été autorisée à intervenir. Quand elle a vu l’état de M. Yakanou, elle a suggéré qu’il puisse être évacué dans un centre approprié. Ils l’ont évacué à l’infirmerie de la gendarmerie nationale. »

« Dans la soirée, ça n’allait toujours pas et ce ne n'est que lorsqu'ils ont enfin décidé de l'évacuer à l'hôpital qu'il est décédé. S’il avait été pris en charge de manière adéquate, ça ne serait pas arrivé », déplore-t-elle.

Des traitements dégradants ?

Du côté des autorités, le discours est très différent. Le procureur de la République, Blaise Essolissam Poyodi, affirme que les forces de l'ordre ont fait tout ce qu'il était possible pour sauver le militant. Selon lui, Etienne Yakanou a succombé à un arrêt cardiaque mais a pu être suivi par son infirmier.

« Il y a deux jours, Monsieur Yakanou a ressenti un malaise, a expliqué le Procureur. Il a été conduit au centre de santé des armées. Le médecin a diagnostiqué le palu. Entre temps, sa santé a commencé subitement à se dégrader. Il a été évacué au CHU. C’est là que son décès est survenu. Le certificat de cause du décès révèle un arrêt cardiaque. »

Interrogé sur les attaques de l'ANC, qui affirme qu’Etienne Yakanou a subi des traitements inhumains et dégradants, Blaise Essolissam Poyodi a répondu que « cette déclaration n’engage que leur auteur. M. Yakanou avait même son infirmier traitant qui lui procurait des soins, a soutenu le procureur. Sa famille le visitait. Il n’a jamais dit qu’il suivait des traitements dégradants. »

Le décès d'Etienne Yakanou a provoqué un mouvement de révolte de ses codétenus. Plusieurs d'entre eux se seraient blessés assez sérieusement en cassant les vitres.

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