La CPDC doute de la théorie du complot contre le régime tchadien

Hassan Sylla Bakari, porte-parole du gouvernement, nie les accusations d'instrumentalisation de la justice.
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Lors d'une conférence de presse qui a eu lieu dimanche 12 mai, la Coordination des partis pour la défense de la Constitution (CPDC) a estimé que le pouvoir était en train d'instrumentaliser la justice pour régler leur compte aux opposants. Dans cette affaire, le président tchadien Idriss Déby oriente selon eux les enquêteurs vers qui il le souhaite. Les autorités répondent qu'elles refusent de polémiquer face au sérieux de l'affaire. Elles assurent que la vérité finira par éclater au grand jour.

Les opposants de la CPDC affirment avoir de sérieux doutes sur l'existence d'une tentative de déstabilisation du régime. Selon eux, la justice est instrumentalisée dans cette affaire pour neutraliser certains leaders politiques.

« Ils ont dit qu'ils ont suivi ce groupe de comploteurs depuis le mois de décembre, alors pourquoi n'ont-ils pas agi plus tôt, s'interroge Ganghnon Mbaimbal, le rapporteur général adjoint de la CPDC. Et maintenant, quatre mois après, c'est tous les jours qu'ils arrêtent quelqu'un, comme s'ils n'avaient pas eu une liste de ces comploteurs-là. Le dossier est vide. Pour nous, c'est un complot ourdi par le pouvoir pour éradiquer l'opposition, et en particulier la CPDC. »

« Ils déchanteront bientôt »

Interrogé sur ces déclarations, le porte-parole du gouvernement tchadien parle d'accusations graves, mais se refuse à entrer dans ce qu'il qualifie de « querelle politique ».

« L'affaire est tellement sérieuse que pour nous, elle ne peut pas faire l'enjeu de politique intérieure, s'insurge ainsi Hassan Sylla. Si la CPDC croit pouvoir tirer profit de cette situation dramatique, c'est dommage. Lors des perquisitions, vous allez le découvrir - il ne faut pas que les gens se pressent -, la police judiciaire a découvert des éléments compromettants et probants qui serviront certainement à opposer à tous ceux qui sont en train de raconter leur vie. Ils déchanteront bientôt. »

Pour l'instant, sept personnalités, civiles et militaires, ont été inculpées dans la tentative présumée de déstabilisation dénoncée par le gouvernement.