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Bénin France Justice Yayi Boni

Après le non-lieu du Bénin, le sort de Patrice Talon se joue à Paris

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La justice béninoise a requis vendredi 17 mai un non-lieu pour Patrice Talon. Le richissime homme d'affaires, magnat du coton, était accusé depuis octobre dernier d'être le cerveau d'une tentative d'empoisonnement du président béninois Boni Yayi. C’est un non-lieu côté béninois, tandis que côté français la justice doit décider mercredi 22 mai si elle extradera ou pas Patrice Talon. Une affaire décidément rocambolesque.

C’est une affaire qui mêle gros sous, médicaments trafiqués et implication du FBI. Patrice Talon est en effet accusé d'avoir monté un complot avec notamment le médecin personnel du président, ainsi que sa gouvernante. Il leur aurait promis un milliard de francs CFA à chacun pour administrer au chef de l'Etat de faux médicaments. Finalement éventée, l'opération aurait échoué in extremis.

Pour l'accusation, c'est clair : Patrice Talon, qui fait l'objet de plusieurs plaintes pour crimes économiques dans son pays, aurait voulu se venger après la perte de gros contrats notamment dans le secteur du coton. L’accusation s'appuie sur un rapport du FBI, le bureau d'enquête américain, qui a identifié des substances potentiellement mortelles dans les faux médicaments saisis.

Mais de son côté, la défense de l'homme d'affaires parle de manipulation des médicaments par les autorités elles-mêmes, tout cela dans le but d'un règlement de compte politique. Patrice Talon se dit victime d'un acharnement depuis son refus de soutenir le chef de l'Etat dans son ambition de briguer un troisième mandat, une ambition plusieurs fois démentie par le Thomas Boni Yayi.

Aujourd’hui, le sort de l’homme d’affaires se joue à la cour d’appel de Paris, qui doit effectivement se prononcer sur la demande d’extradition du Bénin mais qui va plus vraisemblablement demander un complément d’information. 


Fuite et interception du juge ayant ordonné le non-lieu. L'homme a été identifié alors qu'il s'apprêtait à entrer au Nigeria. Selon la police béninoise, le magistrat avait emporté avec lui trois grandes valises, deux sacs et il venait d'obtenir un visa de 3 ans pour les Etats Unis.

Etrange, selon la police qui l'a ramené à son domicile de Cotonou. Mais pour l'heure, elle affirme qu'il s'agit uniquement d'assurer la sécurité d'Angelo Houssou. Ce qui est sûr, c'est que les deux ordonnances de non-lieu du magistrat ont provoqué un coup de théâtre. Le juge a estimé que sans passage à l'acte, il n'y avait pas d'infraction de tentative d'assassinat.

Une décision « incroyable » pour la défense de l'Etat béninois qui a immédiatement fait appel. « Ce n'est pas parce qu'on empêche quelqu'un de tuer que ce quelqu'un n'est pas coupable, c'est du bon sens » s'insurge Me Feitussi, l'un des avocats français de Thomas Boni Yayi. De leur coté, les avocats de Patrice Talon parlent d'un acte courageux du juge d'instruction. « Le dossier est tombé de lui même », conclut Me Joseph Djogbénou.

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