L'Union africaine ne veut pas se laisser ébranler par le double attentat au Niger

Nkosazana Dlamini-Zuma la présidente de la Commission de l'Union africaine et son vice-président Erastus Mwencha, en octobre 2012.
© AFP PHOTO/Jenny VAUGHAN

Le double attentat qui a frappé le Niger, jeudi 23 mai, survient en plein anniversaire de la création de l'Organisation de l'unité africaine. Si l'Union africaine a voulu s'en tenir à ses objectifs, maintenant le développement au coeur de l'agenda des discussions, le drame a fait l'objet de toutes les discussions... et de toutes les craintes.

Avec notre correspondant, et notre envoyé spécial à Addis-Abeba, Christophe Boisbouvier

Nkosazana Dlamini-Zuma n’aime pas qu’on bouscule son agenda, même si les terroristes viennent de lancer une attaque sans précédent sur le Niger. Jeudi 23 mai, à Addis-Abeba, la présidente de la Commission de l’Union africaine (UA) n’a pas dit un mot sur la double tragédie d’Agadez et d’Arlit. Elle a laissé ce soin à son vice-président, le Kényan Erastus Mwencha.

« Nous condamnons le plus fermement possible cette action, a déclaré ce dernier. Il n'y a aucune justification au terrorisme et le pire est quand il frappe des victimes innocentes. Cette condamnation nous rappelle aussi que ce type de menaces est global. Nous devons travailler ensemble, unir nos efforts en Afrique et avec le reste du monde pour lutter contre ce fléau. »

Dans l'après-midi, Mme Dlamini-Zuma a poursuivi de son côté l’ordre du jour du Conseil exécutif de l’Union, comme s’il ne s’était rien passé. Le message est clair : les Sud-Africains ne veulent pas que les acteurs du sommet du 50e anniversaire de la création de l’Organisation de l'unité africaine (OUA) ne soient accaparés par les conflits en cours. Priorité aux questions de développement.

Tous concernés

Peine perdue, dans les couloirs du centre de conférence d’Addis-Abeba et pendant les pauses-café, tout le monde ne parlait que de ces attentats. La condamnation est unanime.

L’ambassadeur du Niger recevait de multiples témoignages de solidarité de la part de ses collègues. Une réflexion est revenue souvent : l’Etat du Niger est un Etat fort et, comme l’Algérie après l’attaque d’In Amenas, tous se disent convaincus qu’il ne cèdera pas au chantage de la terreur. Beaucoup cependant s’inquiétaient de constater que de plus en plus de pays étaient la cible d’attaques de ce type. La menace se fait permanente, notamment dans la zone sahélienne.

On ne sait pas encore si les terroristes ont choisi leur date en tenant compte du calendrier des festivités de l’Union africaine, mais la coïncidence est là. L’histoire se rappellera qu’au moment où elle fêtait les cinquante ans de son unité, l’Afrique était touchée régulièrement par des attentats terroristes.

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