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Attentats au Niger: le président Issoufou affirme que les assaillants venaient de Libye

media Mahamadou Issoufou, président de la République du Niger. ©RFI/Delphine Michaud

Le président nigérien Mahamadou Issoufou n'est pas à Addis-Abeba pour les 50 ans de la création de l'OUA et sera absent aussi du XXIe sommet de l'organisation, dimanche et lundi 27 mai. Il est resté à Niamey après les attaques meurtrières lancées, jeudi 23 mai, contre une caserne à Agadez et contre un site d'Areva à Arlit par des jihadistes se réclamant du Mujao. Pour la première fois ce samedi, le chef de l'Etat nigérien s'est exprimé publiquement après ce drame.

Le Niger savait qu’avec son engagement dans le dossier malien et ses prises de position, il pouvait être pris pour cible. Le porte-parole du gouvernement l’avait affirmé dès vendredi soir à la télévision nationale. Les autorités nigériennes savaient, mais cela ne veut pas dire qu’elles n’ont pas été surprises par ces attaques. Une position confirmée par le président nigérien, Mahamadou Issoufou, qui s’est exprimé ce samedi 25 mai, pour la première fois depuis les attaques meurtrières menées à Agadez et sur le site d’Areva, à Arlit.

« Ces attaques qui ont été perpétrées ce jeudi, on s’y attendait, mais on ne savait pas quand et où », a ainsi reconnu Mahamadou Issoufou. « Mais cela ne va pas entamer notre détermination à poursuivre le combat contre le terrorisme. Au contraire, cela va décupler et renforcer notre volonté à combattre ces menaces », a-t-il martelé.

Surtout, le président nigérien a pointé les responsables, selon lui, de ces attaques. « Ce qui s’est passé avant-hier (jeudi 23 mai , ndlr), nous confirme dans nos analyses selon lesquelles la situation au Mali ne doit pas masquer ce qui se passe en Libye. Parce que les assaillants, selon toutes les informations que nous avons eues, venaient de Libye, du Sud libyen. Et j’avais déjà prévenu depuis le début du déclenchement de la crise libyenne, à l’occasion du sommet du G8 qui s’est déroulé à Deauville, qu'il faut éviter que les solutions après la défaite de Kadhafi soient pires que le mal », a rappelé le président nigérien.

Pour lui, « la pire des choses, c’est l’anarchie. Je préfère la dictature à l’anarchie. Et aujourd’hui, la situation est très difficile. Je sais que les autorités libyennes font le maximum pour la contrôler. Mais le fait est que la Libye continue à être une source de déstabilisation pour les pays du Sahel ».

Discrétion sur la stratégie antiterroriste

Le président Issoufou dit par ailleurs ne pas vouloir annoncer sa stratégie à ses adversaires en annonçant les mesures qu’il souhaite mettre en place. Il espère ainsi conserver l’effet de surprise, en faveur du gouvernement nigérien cette fois.

Pour Mahamadou Issoufou, on ne peut pas parler de parler de « faille de sécurité », pour ce qui s’est passé à Arlit et à Agadez jeudi. « Les méthodes des terroristes évoluent et on doit nous aussi évoluer pour y faire face », a expliqué à RFI une source au sein du gouvernement. « Mais d’abord il faut comprendre tous les tenants et aboutissants de ce qu’il s’est passé », ajoute la même source.

Les premiers éléments de cette enquête sont ces groupes venus de Libye. Il est très difficile de contrôler les frontières, et les dispositions qui avaient été prises après l’enlèvement des employés d’Areva, en septembre 2010, n’ont pas permis de prévenir ces attaques.

Luc Oursel, le PDG d’Areva, qui a passé la nuit à Arlit, s’est montré tout aussi discret que les autorités nigériennes sur les mesures de sécurité. Le PDG d’Areva, qui souhaitait rassurer ses salariés, s’est contenté de remercier toutes les équipes présentes sur place pour leur sang-froid.

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