Mali: Dioncounda Traoré affirme que l'armée doit être à Kidal avant le premier tour de l'élection


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Au Mali, le président par intérim Dioncounda Traoré a affirmé sur l’antenne de RFI que l'armée doit être présente à Kidal avant le premier tour de l'élection. « Kidal sera libérée » a même ajouté le chef d'Etat. Simple moyen de pression avant d'ouvrir les négociations, véritable fermeté du pouvoir politique, cette déclaration a en tout cas froissé les leaders du MNLA, et agacé à Ouagadougou, où doivent se tenir les futures négociations.

Très ouvert au dialogue avec le MNLA lors de son passage à Paris, Dioncounda Traoré se veut désormais plus ferme, notamment sur un retour de l'armée malienne dans Kidal, le fief du MNLA, avant le premier tour de l'élection. « Pour moi, l’armée doit être à Kidal avant le premier tour. L’administration malienne aussi. Nous sommes déjà engagés dans un processus de dialogue. Kidal sera libérée ». Dioncounda Traoré affirme d'ailleurs que cette question a été abordée avec les autorités françaises.

A l'Elysée, un diplomate indique que « c'est aux Maliens de discuter mais tout ce qui favorise le dialogue est bon, cette annonce sur l'armée malienne est sans doute un moyen de pression pour faire monter les enchères avant les négociations ».

Au sein du MNLA, la déclaration de Traoré a froissé. « L'armée n'a pas à intervenir dans le processus électoral » affirme le porte-parole Mossa Ag Attaher: « Tout le monde est en train de travailler pour que l’armée malienne quitte la scène politique. On s’est entendus, conformément à la résolution de l’Onu, que la sécurisation des élections sera menée par les Nations unies et que l’armée malienne n’a donc aucun rôle à jouer dans ces élections ».

A Ouagadougou où se tiennent les premières discussions entre l'émissaire de Bamako, Tiébilé Dramé, les groupes du nord du Mali et le médiateur, la déclaration de Dioncounda Traoré agace. « Il a surement dit ça pour plaire à son opinion » estime un diplomate burkinabè qui ajoute que « si on veut être efficace dans les négociations et éviter les incidents, il est clair qu'il faut arrêter ce genre de discours guerrier ».