Présidentielle au Mali: Laurent Fabius se veut optimiste malgré les incertitudes

Le Premier ministre malien Diango Cissoko et le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius à Bamako, le 28 mai 2013.
© HABIBOU KOUYATE / AFP

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius s'est entretenu, mardi 28 mai, avec le président malien Dioncounda Traoré et le Premier ministre Diango Cissoko, à Bamako. Au centre des discussions : la présidentielle dont la date a été confirmée pour le 28 juillet prochain. Si deuxième tour il y a, ce sera le 11 août. Laurent Fabius a d’ores et déjà rencontré les responsables de l'organisation du scrutin.

C’est une visite au pas de charge. Laurent Fabius a rencontré le Premier ministre malien, le ministre de l’Administration territoriale et deux autres responsables maliens chargés de l’organisation des élections.

Après ces rencontres, notre correspondant au Mali a demandé à Laurent Fabius si l’on pouvait vraiment tenir le premier tour de la présidentielle le 28 juillet prochain. Réponse du ministre français des Affaires étrangères : « Sur le plan technique, c’est tenable. Un travail remarquable a été fait ». On a donc là un optimisme affiché de Laurent Fabius.

Interrogations techniques

Pourtant, l'élection comporte bon nombre d'incertitudes techniques. Et notamment la question autour des cartes d’électeurs, ces cartes d’identité biométriques inédites, fabriquées sur la base d’un recensement initié en 2009, et qui serviront de cartes électorales. Outre le fait qu’il faudra former le personnel de la Commission électorale à ces nouvelles cartes, la première question est celle de leur fabrication puis de leur distribution.

Le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) se montre d'ailleurs prudent sur la question : « Nous allons superviser la production des cartes, leur remise aux citoyens, a déclaré Mamadou Diamoutani. Il y a 1 500 équipes chargées des cartes d’électeurs. Evidemment, c’est une opération qui n’est pas facile. J’espère qu’il y aura de l’engouement, de la sensibilisation pour que le taux de remise soit élevé. »

Autre problème, et non des moindres : le vote des 475 000 déplacés internes et surtout des réfugiés dans les pays voisins. « Il y a eu des accords entre le gouvernement du Mali, le gouvernement des pays d’accueil et le HCR (Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés) pour que les réfugiés puissent voter, a indiqué M. Diamoutani. Le vote ne va pas se faire dans le cadre des réfugiés, mais en dehors. Évidemment on ne va pas parler avec certitude pour dire qu’il n’y aura pas de problèmes. Mais nous travaillons à faire en sorte que ces élections soient pour nous l’occasion de sortir de crise. »

Kidal, l'épine dans le pied ?

Reste la question de Kidal. « N’est-ce pas un caillou dans la chaussure ? », interroge  le correspondant de RFI. Laurent Fabius sourit et répond : « Il faut que l’on puisse voter partout au Mali. Il y a des discussions qui se déroulent actuellement, je souhaite qu’elles aboutissent rapidement ». Et d'insister : « Il est évident qu’il ne peut y avoir deux pays dans un même pays. Je peux vous dire que les dispositions seront prises pour qu’à Kidal on puisse voter comme partout ailleurs au Mali. »

On le voit, Laurent Fabius arrivait donc à Bamako avec deux points importants à l’ordre du jour, notamment la question du vote à Kidal et la question du processus électoral.

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