Ethiopie: tensions autour de la construction d'un barrage sur le Nil Bleu


©

Les travaux du barrage « Grande Renaissance » sur le Nil Bleu ont pris une nouvelle ampleur en début de semaine avec la déviation du cours du fleuve. Alors que l’eau est la principale ressource naturelle de l’Ethiopie, cette infrastructure pose de graves problèmes. Diplomatiques d'abord, avec les pays en aval, le Soudan et surtout l’Egypte, pour qui le Nil est un symbole, et qui craint ne plus pouvoir en disposer comme avant. Des problèmes sociaux aussi, puisque la construction d’un tel barrage bouleverse la vie des riverains, dont plus de 5 000 ont dû être déplacés.

Il y a beaucoup d’inconnues autour de la construction du barrage « Grande Renaissance », notamment concernant les impacts socio-environnementaux précis, non seulement pour les populations voisines, mais aussi pour les pays en aval, le Soudan et l’Egypte. Mais une chose est sûre, c’est que les travaux avancent, preuve en est ce détournement provisoire du Nil Bleu depuis mardi. Les autorités éthiopiennes comptent bien qu'ils soient terminés d’ici 2017.

Les tensions diplomatiques et les menaces de représailles prononcées ces derniers jours par l’Egypte trahissent le manque de concertation. Alors que la première pierre a été posée il y a deux ans, on attend encore le rapport d’experts issus des trois pays directement concernés.

Le barrage le plus puissant d'Afrique

Mais l’Ethiopie n’apprécie pas qu’on remette en cause l’infrastructure dont elle veut faire une fierté nationale, et qu’elle a en outre, essentiellement financée elle-même en encourageant fortement ses citoyens à des contributions personnelles.

On a ainsi appris qu’un journaliste qui enquêtait sur les déplacements forcés de population a été récemment interpellé par la police. Le Premier ministre lui-même avait pourtant reconnu comme illégales ces relocalisations, rejetant la faute sur les autorités locales.

On n’a donc certainement pas fini d’entendre parler du barrage « Grand Renaissance ».
A cause de ces problèmes, mais aussi parce qu’à terme, il produira 6 000 mégawatts, et sera ainsi le plus puissant barrage d’Afrique, fournissant de l’énergie à plusieurs pays de la région.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.