Présidentielle à Madagascar: les militaires s'immiscent dans les débats


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À Madagascar, c’est ce mercredi 5 juin que la Cour électorale spéciale doit rendre sa décision. Elle doit disqualifier ou non les trois candidats controversés à la présidentielle, Andry Rajoelina, Lalao Ravalomanana et Didier Ratsiraka. Une révision de la liste des candidats, demandée lundi par les organisateurs du conclave, mais rejetée par les principales mouvances politiques. Selon de bonnes sources, ce sont en réalité les militaires qui ont imposé leur « solution ».

Entre intimidations, violentes prises de position et menaces, c’est dans une atmosphère très tendue que s’est déroulé lundi le conclave « de la dernière chance », révèlent plusieurs sources qui y ont participé. Pendant dix-sept heures, deux camps se sont affrontés. D’un côté, les civils, représentants des différences mouvances, de l’autre, les militaires, majoritaires. Plusieurs généraux figurent parmi les organisateurs.

« Nous avons été pris au piège, tout avait été décidé en amont par l’armée », assure ainsi un politique. Autour du bâtiment, un important dispositif avait été déployé, des forces spéciales cagoulées arpentaient les couloirs du centre de conférence.

« Entendez-vous le bruit des bottes ? »

« lIs ont tout fait pour nous impressionner, les menaces n’étaient même pas voilées », ajoute un participant. Selon de multiples sources concordantes, un haut gradé aurait ainsi lancé aux politiques : « Entendez-vous le bruit des bottes ? Bientôt, vous allez sentir leurs coups ».

Lundi, face à l’impasse, les chefs militaires semblent ainsi avoir pris la main. Alors que jusque-là, ils soutenaient le président de la transition, ils semblent avoir adopté la ligne de la communauté internationale.