Madagascar: la Cour électorale spéciale maintient les candidatures de Rajoelina, Ravalomanana et Ratsiraka


©

À Madagascar, l’initiative «de la dernière chance» a échoué. Les requêtes du conclave organisé lundi ont été jugées «irrecevables» ce mercredi 5 juin, par la Cour électorale spéciale, dont les décisions, écrit-elle, «ne sont susceptibles d’aucun recours». Les trois candidats controversés, Andry Rajoelina, le président de la transition, Lalao Ravalomanana, l’épouse du président déchu, et Didier Ratsiraka, chef d’Etat pendant vingt-deux ans, seront donc bien en lice pour l’élection présidentielle. Mais à quel prix pour le pays ?

Les organisateurs du conclave de lundi - le Premier ministre, le ministre des Forces armées, le ministre de la Sécurité intérieure, le Comité pour la réconciliation malgache (CRM), le Conseil de suivi et de sontrôle de l'application de la feuille de route (CSC) et le Comité militaire de la défense nationale (CMDN) -, avaient, en effet, demandé à la Cour électorale spéciale de se déjuger.

Elle devait, selon eux, maintenir le calendrier électoral et réviser la liste électorale. Disqualifier Andry Rajoelina, Lalao Ravalomanana et Didier Ratsiraka, comme l’exige la communauté internationale.

La Communauté des Etats d’Afrique australe (SADC), médiatrice dans la crise, l’Union africaine et l’Union européenne estiment, en effet, que ces candidatures sont
« inacceptables » ; tandis qu’Andry Rajoelina, arrivé au pouvoir par un coup d’Etat, a déposé son dossier, hors délai, Lalao Ravalomanana et Didier Ratsiraka, eux, ne résident pas à Madagascar depuis six mois, ce qu’exige pourtant la loi.

La communauté internationale sur le point de se retirer du processus électoral

La communauté internationale devrait désormais se retirer du processus électoral. Ce mercredi matin encore, Leonardo Simao, l’émissaire de la SADC, a prévenu : « Si la CES ne disqualifie pas les trois candidats polémiques, je ne crois pas que nous pourrons continuer à soutenir les élections ».

C’est donc le financement et la reconnaissance des scrutins présidentiels, législatifs et municipaux prévus entre la fin juillet et la fin octobre qui devraient disparaitre. Des sanctions sont attendues. Mais c’est aussi la tenue des élections, censées sortir Madagascar de la crise dans laquelle elle est plongée depuis quatre ans, qui est désormais menacée.

Reste maintenant à savoir comment vont réagir les militaires. Selon des sources concordantes interrogées par RFI, « au nom de la paix et de la sécurité », ces derniers jours, ils s’étaient rangés du côté de la communauté internationale. Les chefs de l’armée, de la gendarmerie et de la police doivent se réunir dans l'après-midi. Ce mercredi, la fin de la crise malgache semble s'être encore un peu plus éloignée.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.