124 mineurs chinois clandestins arrêtés au Ghana


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Au Ghana, cent vingt-quatre mineurs chinois clandestins ont été arrêtés, ont rapporté mercredi 5 juin au soir les services de l’immigration ghanéens. Tous étaient impliqués dans l’exploitation de mines d’or illégales dans la région centrale d’Ashanti. Des arrestations confirmées par l’ambassade de Chine à Accra qui invite ses ressortissants à « respecter les lois locales », tandis qu’en Chine les internautes contestent les méthodes musclées des forces de l’ordre ghanéennes.

Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Les photos ont envahi les réseaux sociaux et les sites d’informations en ligne depuis mardi soir. Des images de 4x4 brûlés, de supermarchés et de restaurant chinois saccagés, des images aussi de soldats ghanéens évacuant les mineurs avec force, certains présentant de nombreuses blessures suite à l’intervention des uniformes. Ces violences commises lors de raids sur Kumasi, Obuasi et Dunkwa sont aujourd’hui dénoncées par les internautes et notamment l’écrivain Lu Qi, qui évoque « l’attaque de terroristes armés de AK47 contre des chinois cachés dans les forêts ».

Cette version n’est pas partagée par les médias officiels. Si les méthodes de la police ghanéenne peuvent être contestées, écrit Le Quotidien du peuple, tous les Chinois ne sont pas innocents. La diplomatie chinoise invite d’ailleurs ses ressortissants au Ghana à « respecter les lois locales ». Selon les experts chinois, près de 30 000 prospecteurs clandestins seraient installés au Ghana, le deuxième plus grand producteur d’or en Afrique. La grande majorité vient du district de Shanglin, dans la province du Guangxi, au sud de la Chine où l’argent envoyé par les mineurs expatriés a suscité des convoitises et des départs de plus en plus nombreux vers la région d’Ashanti où se trouvent les exploitations aurifères clandestines.

Les 124 mineurs arrêtés ont été rassemblés à Accra et risquent aujourd’hui l’expulsion. Car cette ruée vers l’or, qui a commencé en 2005, a fini par tourner au vinaigre et créé de nombreux problèmes sociaux dans le pays. Craignant pour leur sécurité, les prospecteurs ont en effet dû embaucher des gros bras et passer des accords avec les mafias locales. « On a même acheté des fusils, raconte l’un d’entre eux au quotidien South China Morning Post à Hong-Kong. Nous ne bénéficions d’aucune protection de notre gouvernement. Nous voulons maintenant revenir en Chine, car nous craignons d’être volés ou tués». 

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