Rapport mitigé de l'expert indépendant de l’ONU sur les droits de l'homme en Côte d’Ivoire


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L'expert indépendant de l'ONU sur les droits de l'homme en Côte d'Ivoire présente son rapport ce mardi 11 juin devant le Conseil des droits de l'homme. Si Doudou Diene note plusieurs améliorations dans le pays, sécuritaires mais aussi dans la réussite technique des élections locales en avril dernier, il dresse un bilan mitigé des deux années au pouvoir d'Alassane Ouattara. Il s'inquiète notamment du manque de dialogue politique, du non règlement des conflits fonciers mais aussi d'une justice à double vitesse.

Ce qui a frappé Doudou Diene, c'est d'abord la culture de violence physique et verbale qu'il a constatée pendant les élections locales, notamment au sein de la coalition au pouvoir. Si ce scrutin s'est globalement bien déroulé d'un point de vue technique, l'absence du FPI et l'intrusion partisane de certains ex-com-zones montrent une fragmentation politique qui l'inquiète pour les prochaines échéances électorales.

L'expert indépendant de l'ONU a aussi noté de profonds problèmes fonciers : à leur retour d'exil, de nombreux Ivoiriens n'ont plus accès à leurs terres – sans compter l'occupation illégale et massive de forêts protégées. Ces éléments constituent à ses yeux une « bombe à retardement » que l'Etat doit régler de manière urgente.

Doudou Diene consacre une large partie de son rapport à la justice : absence de procès pour les détenus de la crise postélectorale, qui n'ont pas ou peu accès à leur avocat - arrestations arbitraires ces deux dernières années – la Côte d'Ivoire donne une impression de justice à deux vitesses, d'après l'expert. Il évoque notamment la tendance du pouvoir à utiliser l'accusation générique d'atteinte à la sûreté de l'Etat. Une charge dont fait justement l'objet Justin Koua, le leader de la jeunesse du FPI arrêté vendredi dernier 7 juin au siège du parti.

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