Les tensions hydro-diplomatiques s'aggravent entre l’Ethiopie et l’Egypte

Les chutes du Nil Bleu, en Ethiopie à Tis Esat
© creative commons /Giustino

L'Egypte et l'Ethiopie se disputent l’exploitation des eaux du Nil. Le Caire en profite quasi-exclusivement depuis un siècle, Addis Abeba compte bien en tirer un profit direct, le Nil Bleu prenant sa source dans le pays. L’Ethiopie est donc actuellement en train de construire un gigantesque barrage, et s’est allié avec d’autres pays de la région pour remettre en cause les accords historiques sur le bassin du Nil. Ce lundi, le ministre des Affaires étrangères égyptien était donc à Addis Abeba pour rencontre son homologue éthiopien.

Avec notre correspondant à Addis Abeba, Grégoire Pourtier

L’Egyptien Mohammed Amr n’est finalement arrivé que dimanche soir à Addis Abeba, et il n’a donc rencontré son homologue éthiopien Tedros Adhanom qu’à partir de lundi matin.

Mais la réunion entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays s’est éternisée toute la journée, entrecoupée d’une longue pause déjeuner durant laquelle ils ont du continuer de parlementer.

Des positions très éloignées

Car la situation est grave entre les deux pays. Si les Ethiopiens ainsi que plusieurs analystes ne prennent pas très au sérieux les menaces de guerre proférées au Caire, il n’en demeure pas moins que les positions sont très éloignées.

L’Egypte s’arc-boute sur un vieil accord signé en 1959 avec le Soudan, qui lui garantit plus de 75% de la ressource hydraulique du Nil. L’Ethiopie rétorque que l’eau est sa principale ressource naturelle, et qu’elle n’a d’autre choix que de la mettre en valeur pour assurer son développement.

« Grande Renaissance »

Elle a donc entamé la construction du barrage « Grande Renaissance », mais aussi fait ratifier la semaine dernière par son parlement un accord ouvrant les vannes à une redistribution des eaux du Nil, deux initiatives que Le Caire conteste avec véhémence.
Addis Abeba tente publiquement de calmer le jeu, assurant que cette nouvelle donne peut être gagnant-gagnant.

Mais vue la durée de la discussion ce lundi, l’Egypte ne semble absolument pas du même avis.

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