Nigeria : les téléphones satellitaires interdits dans le fief de Boko Haram

Un agent de la Croix-Rouge utilisant un téléphone cellulaire pour transmettre des informations destinées à combattre le paludisme au Nigeria.
© http://www.ifrc.org

Dans le cadre d’une offensive militaire contre les islamistes de Boko Haram, l’armée nigériane a interdit, ce mercredi 19 juin, l’usage des téléphones satellitaires dans l’Etat de Borno, dans le nord-est du pays, fief de la secte islamiste. L’armée a justifié cette interdiction par le fait que Boko Haram aurait utilisé ces connexions satellitaires pour planifier leurs récentes attaques contre des écoles.

Depuis plus d’un mois et demi déjà, le réseau de téléphonie mobile est coupé dans une vaste partie de la région nord-est du pays. Ceux qui en avaient les moyens s'étaient alors tournés vers les téléphones satellitaires Thuraya. Mais à compter de ce jour et jusqu'à nouvel ordre, l’armée y interdit aussi l’usage et la vente de ces mêmes téléphones et accessoires de la marque Thuraya - la plus répandue -, sous peine d'arrestation. L’interdiction s’applique immédiatement et pour une durée indéterminée. L’armée se dote ainsi d’un nouvel outil dans sa vaste offensive contre les insurgés de la secte islamiste, isolant encore un peu plus la région, en proie à de violents affrontements depuis plusieurs mois.

Cette dernière mesure survient après les attaques menées par des membres présumés de Boko Haram qui ont ouvert le feu, dans la nuit de dimanche à lundi 17 juin, sur une école secondaire de Damaturu, dans l’Etat voisin de Yobe. Sept étudiants et deux professeurs ont été tués ainsi que deux des agresseurs, selon l’armée. Le même jour, ce sont neuf étudiants qui ont péri dans l’attaque de leur école de Maiduguri, capitale de l’Etat de Borno, par des hommes armés qui ont ouvert le feu alors que se déroulaient les examens de fin d’année.

Après trois mois d'offensive, les autorités nigérianes pensaient récemment avoir marqué des points contre les islamistes mais elles ont réalisé que l'accalmie était peut-être temporaire.

Cette interdiction soulève néanmoins quelques questions. Quels moyens seront mis en œuvre pour la faire respecter ? Et surtout, s’appliquera-t-elle aux journalistes et aux ONG qui utilisent quotidiennement des téléphones satellitaires ? Depuis que les réseaux de téléphonie mobiles ont été coupés dans les Etats de Borno et Yobé, leur travail d'assistance à la population est devenu encore plus difficile, sans compter que ces populations sont déjà des victimes collatérales des affrontements entre Boko Haram et l'armée.

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