RDC : nouvelle coalition de Maï-Maï et de milices d'autodéfense dans le Sud-Kivu


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Dans l'est de la République démocratique du Congo, au Sud-Kivu, une nouvelle coalition appelle au départ du président Joseph Kabila. Baptisée Raïa Mutomboki, elle rassemble le mouvement du même nom, des groupes Maï-Maï ainsi que des milices locales d'autodéfense.

Depuis 2011, les Raïa Mutomboki sont en plein essor dans le Sud-Kivu. Au point même de dépasser les frontières de la province vers le Nord, dans l'autre moitié du Kivu, dans les territoires du Masisi et de Walikalé. Ces groupes d'autodéfense se sont formés - à l'origine - contre les Forces démocratiques de libération du Congo (FDLR), les rebelles hutus rwandais dont certains chefs sont accusés d'avoir participé au génocide de 1994.

Dans le territoire de Shabunda, où les premières milices ont vu le jour, elles ont même réussi à chasser leurs ennemis. Depuis, elles peinent à se structurer autour d'une chaîne unifiée de commandement. Même lorsqu'elles y parviennent, il s'agit de coalitions très localisées et de courte durée.

Dans le cas de cette nouvelle coordination, Raïa Mukomboyi, les signataires ont leur base dans le nord-est du territoire de Shabunda. Quelques figures connues au Sud-Kivu y participent, tels Kindo Sisawa et Daniel Meshe. Les deux hommes ont longtemps combattu côte à côte, mais leurs relations sont en dent de scie.

Ils auraient, selon le communiqué annonçant la création de cette coalition, été rejoints par le colonel Kahasha, un officier Maï-Maï, qui a régulièrement rallié et quitté l'armée congolaise. Il est difficile de dire si cette union a de l'avenir. Cela montre le morcellement des groupes armés au Sud-Kivu où les milices qui s'étaient constituées pour protéger la population participent aujourd'hui à l'accroissement de l'insécurité.