Otages au Sahel: les stratégies des familles pour briser le silence

A Nantes, dans l’ouest de la France, le 1er juin dernier, des familles et proches des otages enlevés au Niger avaient organisé un rassemblement.
© AFP PHOTO JEAN-SEBASTIEN EVRARD

Une plainte contre X a été déposée vendredi 21 juin. Ce samedi, c’est un appel au rassemblement de soutien qui a été suivi dans une dizaine de villes françaises. Les stratégies diffèrent, au sein des familles touchées par le drame des otages d'Arlit, mais la cause est la même, tout comme les sentiments sont partagés : la colère et l'impatience.

1000 jours qu’on leur dit de se taire, d’attendre et de ne pas manifester. Les familles des quatre otages français d’Arlit pendant mille jours ont respecté les consignes. Mais le silence est révolu.

Vendredi 21 juin, Alain, le père de Pierre Legrand, porte plainte contre X pour enlèvement, séquestration, et mise en danger de la vie d’autrui. Une plainte qui vise directement Areva, l’employeur de son fils.

« Monsieur Alain Legrand et son fils, vis-à-vis de Pierre, aujourd’hui ils ont agi, ils ont pris une décision qui est forte, qui est de saisir la justice et de ne pas rester simplement dans des protestations de principe », expose Me Olivier Morice, l’avocat d’Alain Legrand. « Je crois que c’est une action extrêmement courageuse », insiste-t-il, ajoutant que, « en fonction des sensibilités, chacun réagit à sa manière ».

Même objectif, modes d'actions différents

Ce choix ne fait pas l’unanimité, parmi les familles des otages, Aurélien Pigeat, neveu de Daniel Larribe, explique pourquoi : « Ce n’est pas ce vers quoi nous, on veut se diriger, parce que l’on ne pense pas que ça va être spécialement efficace immédiatement. Les familles rassemblées aujourd’hui [un appel à des rassemblements ce samedi 22 juin avait été lancé dans plusieurs villes de France, ndlr] ne s’y associent pas. C’est une initiative personnelle du père et du frère de Pierre », explique Aurélien Pigeat. « On l’entend comme un cri de désespoir, un cri de colère très fort. Mais ce n’est pas le type d’action que nous, nous souhaitons porter pour le moment. »

Malgré ce désaccord de stratégie, toutes les familles restent unies dans leur combat pour la libération de leurs parents.

Aqmi a affirmé dans un communiqué publié ce samedi 22 juin que les huit otages qu'il détient « sont en vie ». L'organisation a ajouté qu'elle allait diffuser « prochainement une nouvelle vidéo » des otages français.

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