Egypte: de la panne d'essence à la surchauffe politique


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En Egypte, la pénurie d’essence a frappé tout le pays et provoqué une paralysie du trafic au Caire, à Alexandrie et dans la plupart des grandes villes. Les triples queues de véhicules aux abords des stations d’essences ont en effet provoqué des embouteillages gigantesques.

Une pénurie qui vient s’ajouter à celle du diesel qui sévit depuis 5 mois. « Il n’y a pas de pénurie d’essence mais un léger retard dans les livraisons ». Cette déclaration du ministre du Pétrole a eu le don de décupler la colère des conducteurs entassés sous un soleil de plomb durant des heures devant les stations d’essence.

La déclaration du ministre de l’Approvisionnement selon lequel « la pénurie est due à des raisons psychologiques » n’a pas arrangé les choses. Un responsable Frère musulman a même donné une interprétation politique : « ce sont les ennemis du régime qui se mettent en queue pour créer la crise ».

Livraisons en baisse

Une théorie de la conspiration que les Egyptiens de plus en plus remontés contre le pouvoir des Frères musulmans, inversent. « C’est la confrérie qui provoque la pénurie pour nous empêcher de nous rendre aux manifestations réclamant le départ du président Morsi dimanche ».

La réalité est plus simple. Selon les gérants des stations les livraisons d’essence ont en fait baissé de 30 à 50%. Une baisse due à la réduction des importations du fait de l’énorme déficit budgétaire. L’essence comme le diesel sont subventionnés, en Egypte, et sont vendus au cinquième de leur prix réel.