Côte d'Ivoire: une attaque relance la question du désarmement des ex-combattants

Un soldat des FRCI dans le quartier d'Abobo, à Abidjian.
© AFP PHOTO/ SIA KAMBOU

Alassane Ouattara est arrivé ce mardi 2 juillet à Korhogo, première étape de sa tournée d'une semaine dans le nord de la Côte d’Ivoire, son fief historique. Une visite endeuillée par la mort d'un gendarme, tué lundi dans une attaque sur le convoi de Fidèle Sarassoro, le responsable l'autorité en charge de la réinsertion des ex-combattants.

Il est trop tôt pour tirer des conclusions, mais le symbole est fort. C'est à quelques kilomètres de Kong, le fief de la famille Ouattara, là même où Ibrahim, le frère du président, surnommé « Photocopie », a été élu maire avec 100% des suffrages, que l'attaque s'est produite. Elle n’a pas été revendiquée.

Les auteurs sont qualifiés de coupeurs de route. Si rien ne permet pour l'heure d'incriminer des ex-combattants, cette embuscade dans une zone sous haute surveillance – voyage présidentiel oblige – vient rappeler l'urgence d'un ramassage des armes qui pullulent dans la région depuis une décennie et de la mise en œuvre concrète du processus de DDR (Démobilisation, désarmement et réinsertion).

Colère des ex-combattants

Depuis la fin avril, des ex-combattants ont fait entendre leur colère à Bouaké puis à Man. Lundi, ils ont saccagé un commissariat à Tengrela après un accrochage avec des policiers. Leur nombre exact reste sujet à caution. Ils seraient plus de 60 000 selon les derniers chiffres, alors que de précédents recensements situaient leur effectif à près de 100 000.

Aujourd'hui, beaucoup de ceux qui ont tenu les armes se sentent oubliés. Certains dénoncent la mainmise des chefs militaires sur le processus, vendant les places aux plus offrants ou privilégiant leurs proches au détriment de ceux qui ont réellement combattu. Leurs doléances ont encore bien du mal à être entendues. Par exemple, de bonne source, Youssouf Koné, le porte-parole des démobilisés de Bouaké, est depuis deux mois porté disparu.

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