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Afrique

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Egypte : le spectre d’un scénario à l’algérienne ?

media

Le président égyptien Mohamed Morsi a été chassé du pouvoir par les militaires après plusieurs jours de manifestations contre son régime. Il avait été élu démocratiquement à la tête de l’Etat il y a tout juste un an. Des évènements suivis de près dans la région et notamment en Algérie où le scénario égyptien rappelle de mauvais souvenirs, notamment lorsque le Front islamique du salut (FIS) s’était fait voler la victoire aux élections de 1992.

En Algérie, la première réaction a été celle du parti politique islamiste, Ennahda. Ennahda en Algérie n’a rien à voir son homonyme tunisien, il s’agit là d’un petit parti qui porte la voix des islamistes algériens. Ceux-ci ont condamné « un coup d’Etat » et ils évoquent l'« avortement méthodique de la démocratie ». Pour ces islamistes algériens, les armées des pays arabes sont en fait liées « à des minorités laïques extrémistes ».

Je crains énormément un scénario à l'algérienne où, en 91-92, le processus démocratique avait amené un parti islamiste au pouvoir...
Frédéric Encel Chercheur en géopolitique et maître de conférences à Sciences-Po Paris 14/10/2013 - par RFI écouter

Sur les réseaux sociaux, les réactions sont très passionnées et pour cause, les Algériens veulent savoir ce qui va se passer en Egypte. Dès qu’ils ont su que l’armée avait destitué Mohamed Morsi, tout le monde a fait le parallèle avec 1992 quand l’armée algérienne a invalidé les élections législatives qui venaient d’être remportées par les islamistes. A cette époque, c’était les premières élections multipartites du pays.

Une guerre civile et 200 000 morts

Mais le parallèle s’arrête là, car en 1992, les Algériens n’étaient pas dans les rues et les islamistes n’ont pas accédé au pouvoir puisque le second tour des élections n’a jamais eu lieu. En Algérie, ce qui a suivi, c’est une guerre civile de plus de dix ans et un bilan terrible de plus de 200 000 morts.

Tout le monde veut savoir ce qui va se passer maintenant en Egypte parce qu’ici, vingt ans après, les Algériens s’interrogent toujours. Ils se demandent s’il fallait laisser une chance aux islamistes pour qu’ils s’affaiblissent d’eux-mêmes. Et la situation égyptienne aujourd’hui comme la situation tunisienne au fil des mois sont des exemples que les Algériens veulent analyser et comprendre pour savoir si eux auraient pu éviter ces terribles années de guerre civile.

Les inquiétudes de la rue

Lorsque Mohammed Morsi a été destitué par l’armée, ce commerçant était devant sa télévision. Pour lui, le parallèle entre l’Algérie de 1992 et l’Egypte d’aujourd’hui est évident : « Il va se passer la même chose. Dans les années 90, les islamistes ont pris le pouvoir, la majorité avec 80%. On a fait un coup d’Etat. Qu’est-ce qui s’est passé en vrai ? Les bandes, les menaces, un peu de tout. Bien sûr que ça m’inquiète ».

L’actualité égyptienne est à la Une de la presse algérienne, mais aussi sur toutes les chaînes de télévision internationales qui sont très suivies en Algérie. Et la médiatisation de cette crise politique exaspère ce père de famille : « A l’époque où l’Algérie était dans la même situation, à l’échelle internationale c’était le silence radio. On nous assimilait à des cannibales. Moi je ne m’intéresse pas à eux, ils peuvent se rebeller, c’est leur pays ».

Les Egyptiens d’Algérie, eux se font discrets même si à Oran, quelques voitures ont défilé avec des drapeaux pour fêter le départ du président Morsi.

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