Nigeria: au moins 40 morts dans l'attaque d'une école par des islamistes présumés

Une école primaire brûlée par Boko Haram dans le nord du Nigeria.
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Quarante-deux personnes, des élèves pour la plupart, ont été tuées ce samedi 6 juillet dans l'attaque d'un lycée de l'Etat de Yobe, dans le nord-est du Nigeria, par des hommes armés présentés comme des islamistes de Boko Haram.

« Nous avons reçu les cadavres de 42 élèves et membres du personnel de
l'établissement public d'enseignement secondaire de Mamudo, la nuit dernière.
Certains avaient des blessures par balles et beaucoup des marques de brûlures
», a déclaré Haliru Aliyu, de l'hôpital général de la ville de Potsikum, dans le nord-est du pays. Le village de Mamudo, est à peine à quelques kilomètres de Potsikum, un grand centre commercial de l'Etat de Yobe, qui est l'un des foyers de l'insurrection de Boko Haram ces derniers mois.

Toujours selon le médecin, qui a recueilli les témoignages des professeurs et des élèves ayant survécu à l'attaque, « les hommes armés ont rassemblé leurs victimes dans un dortoir, ont jeté des explosifs et ouvert le feu, faisant 42 victimes ». A l’heure actuelle, le personnel de sécurité serait en train de fouiller les buissons autour de l'école, à la recherche d'élèves blessés ayant fui l'attaque, a indiqué cette même source. Côté survivants, Haliru Aliyu a indiqué que « jusqu'ici, six étudiants ont été trouvés et sont maintenant traités à l'hôpital pour leurs blessures par balles ».

Boko Haram responsable, selon un habitant

Un habitant, qui a souhaité rester anonyme, a confirmé le bilan de l'attaque attribuée à Boko Haram. En état de choc, il a explique : « C'était un spectacle sanglant. Les gens qui se sont rendus à l'hôpital et ont vu les corps ont fondu en larmes. Il y avait 42 corps, des élèves pour la plupart. Certaines dépouilles étaient déchiquetées, d'autres étaient sévèrement brûlées et portaient des impacts de balles ».

Il a aussi indiqué que, selon lui, cette attaque venait en représailles de la perte de 22 des membres de Boko Haram au cours d'un raid militaire jeudi dernier dans la ville de Dogon Kuka.

L'armée nigériane mène depuis la mi-mai une offensive de très grande envergure contre Boko Haram dans trois Etats du nord-est - Borno, Yobe et Adamawa - où l'état d'urgence a été décrété. Les attentats de Boko Haram et la répression menée par les forces de sécurité ont fait au moins 3 600 morts depuis le début de l'insurrection en 2009, selon l'ONG Human Rights Watch.

(Avec AFP)

Pour Michel Luntumbué, chercheur au Grip, la récente offensive de l'armée n'est pas étrangère à la radicalisation des éléments de Boko Haram. 

Eradiquer ou plutôt neutraliser Boko Haram passerait plus par des méthodes d'infiltration des réseaux pour les retourner ou pour les neutraliser de l'intérieur.

Michel Luntumbué
07-07-2013 - Par Guillaume Thibault

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