Mali: le corps de l'otage français Philippe Verdon retrouvé près de Tessalit

Philippe Verdon à Moroni, aux Comores, en janvier 2004.
© AFP PHOTO/YOUSSOUF IBRAHIM

Début mars, al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) avait revendiqué la mort de l'otage français Philippe Verdon. Dans un communiqué adressé à une agence de presse mauritanienne, Aqmi annonçait son exécution, mais la France n'a depuis jamais confirmé. Hier soir, dimanche 14 juillet, le ministère français des Affaires étrangères a indiqué, à la suite des informations diffusées par RFI, qu'« il existe une très forte probabilité pour qu'un corps retrouvé récemment dans le nord du Mali soit malheureusement celui de notre compatriote, Philippe Verdon ».

« Des vérifications complémentaires sont en cours, poursuit le communiqué du ministère. Nous sommes en contact avec la famille de notre compatriote pour lui donner toutes les informations dont nous disposons ». 

Selon des sources proches du dossier consultées quelques heures plus tôt, en exclusivité, par RFI, le corps de Philippe Verdon a été récupéré par les Français dans la région de Tessalit, non loin de la frontière algérienne.

La dépouille a été transférée à Gao, dans l'hôpital militaire installé par les Français. Des tests ADN ont déjà été effectués sur le corps. Il devrait être rapatrié d'ici quelques jours sur la France.

Philippe Verdon a été enlevé le 24 novembre 2011 à Hombori avec Serge Lazarevitch. Des sources locales assurent que les otages Verdon et Lazarevitch ont été un temps retenus dans une villa à Tombouctou, à l'époque où Aqmi contrôlait la ville. Ils auraient ensuite été transférés vers le nord du Mali.

Circonstances inconnues

C'est là que le corps de Philippe Verdon a été retrouvé, dans une région où de violents combats ont opposé en février dernier les armées française et tchadienne et les jihadistes. Là encore où le chef d'Aqmi, Abou Zeid, a été tué à cette même période.

On ne connaît pas les circonstances de la mort de l'otage. Début mars, Aqmi avait annoncé l'avoir exécuté. Son état de santé avait longtemps préoccupé les autorités françaises : des médicaments avaient pu lui être remis.

Dimanche soir, la famille ne se prononçait pas sur ces dernières révélations. Son père, Jean-Pierre Verdon, assure que le plus important, pour lui, reste de connaître les circonstances de la mort de Philippe. C'est ce qu'il a récemment écrit au président Hollande.


La mort de Philippe Verdon est désormais une « forte probabilité » pour François Hollande

François Hollande a reçu lundi 15 juillet à l'ambassade du Mali, à Paris, les insignes de Grand-Croix de l'Ordre national du Mali des mains du président malien par intérim Dioncounda Traoré. A cette occasion, le président est revenu sur la situation des otages français, et a précisé ses déclarations d'hier, concernant la mort probable de l'otage français Philippe Verdon. Il a établi pour la première fois un lien avec la découverte du corps au début du mois de juillet.