Somalie / Ethiopie - 
Article publié le : vendredi 19 juillet 2013 à 23:37 - Dernière modification le : vendredi 19 juillet 2013 à 23:37

L'Ethiopie retire ses troupes de la ville somalienne de Baïdoa

A Baidoa, lors du passage d'un convoi de véhicules, les Ethiopiens étaient vigilants.
A Baidoa, lors du passage d'un convoi de véhicules, les Ethiopiens étaient vigilants.
RFI/Stéphanie Braquehais

Par RFI

L’Ethiopie a décidé de retirer ses troupes de la ville somalienne de Baïdoa, comme elle le laissait entendre depuis plusieurs mois. La sécurité de cette grande ville du sud-ouest devrait être reprise en main par l’Amisom, la force de l’Union africaine, mais ce départ suscite beaucoup de craintes. Malgré la désignation d’un président et un certain regain d’optimisme, la Somalie reste extrêmement fragile, et toujours à la merci des insurgés shebabs. Le retrait des troupes éthiopiennes, qui devrait être complet d’ici la fin de l’année, relance ainsi les spéculations sur la sécurité du pays.

Ce départ n’est pas une surprise : depuis plusieurs mois, l’armée d’Addis-Abeba laissait entendre qu’elle allait se retirer de chez son voisin, où elle était entrée en novembre 2011.
Mais cette décision va avoir des conséquences importantes, car l’Ethiopie jouait un rôle stratégique dans l’opération internationale visant à rétablir la paix en Somalie.

Même s'il est toujours resté à l’écart de l’Amisom, la force de l’Union africaine, le contingent éthiopien - estimé entre 3 000 et 8 000 hommes - n’est pas resté non plus en retrait.

Alors, pourquoi quitter Baïdoa aujourd’hui, et toute la Somalie d’ici la fin de l’année ? Le ministère des Affaires étrangères explique « partir du principe que les shebabs ne reviendront pas ». Une analyse étonnante quand on se rappelle qu’en mars, la ville de Hudur, évacuée de la même façon par les troupes éthiopiennes, avait immédiatement été reprise par les insurgés.

En outre, bien que les rebelles semblent actuellement en pleine guerre des chefs, les attentats terroristes persistent, notamment à Mogadiscio contre les institutions internationales.

Mais l’Ethiopie a assumé seule les frais militaires de son opération dans le pays, et cette décision va mettre en valeur son rôle crucial depuis deux ans. Car l’Amisom va devoir redéployer ses 17 700 hommes pour compenser ce départ, et la sécurité du pays tout entier risque d’en être fragilisée.

tags: Ethiopie - ONU - Shebabs - Somalie - Union africaine
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