Mali: un mort après un fort regain de tension à Kidal


©

La situation est tendue à Kidal, dans le nord du Mali, ce vendredi 19 juillet 2013. Depuis la signature de l'accord de Ouagadougou, puis du retour de l'armée malienne en ville, l'ambiance était calme et maîtrisée. Mais jeudi soir, une manifestation a dégénéré faisant un mort. Un incident qui, à neuf jours de l'élection présidentielle, le 28 juillet, pose la question de la possibilité de la tenue de ce scrutin dans la ville.

Des grandes volutes de fumée noire flottent sur Kidal. Ce sont des boutiques qui brûlent, le marché a également été saccagé. Selon différentes sources présentes en ville, hier soir, des membres de la communauté songhaï ont organisé une marche pour soutenir le retour de l'administration et de l'armée malienne. Ce mouvement a froissé les pro-Azawad. Dès le début du face à face, un membre de la communauté songhaï, mais qui serait un sympathisant du MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad), a été tué par balle.

Cet assassinat a enflammé la situation. Une bonne partie de la nuit, les deux camps se sont ensuite affrontés à coups de bâton et de pierres. Une source au centre de santé vient de confirmer à RFI le bilan de cette nuit de violence. En plus de l’homme tué, il y a au moins sept blessés qui souffrent de fractures à la tête et aux bras.

Ce matin, les habitants sont terrés chez eux et Kidal est une ville morose comme le raconte ce jeune étudiant. « Depuis hier soir, il y a eu des clashs entre les jeunes Touaregs et la communauté songhaï. L’ambiance est morose, celle d’une ville morte. J’ai vu de la fumée, il y a des boutiques qui ont été incendiées. La ville est très triste ce matin ».

Les militaires sur le terrain

Des tirs de sommation ont d'ailleurs été nécessaires pour ramener un semblant de calme. Ce matin, les militaires maliens basés à Kidal sont sortis pour la première fois de leur caserne et se sont notamment rendus au marché. Un élu de la région raconte que des soldats ont fracassé la porte de sa maison et violemment frappé sa petite fille qui criait « Vive l'Azawad ». L'un des cadres du MNLA, Mossa Ag Acharatmane reconnaît que cette sortie provoque des tensions au sein des combattants du MNLA qui sont cantonnés en ville.

Mossa Ag Acharatmane lance sur RFI un appel au calme : « C'était la panique. J’étais avec le commandant français et on vraiment du mal à régler cette histoire. On essaye de calmer les choses. A Bamako, l’état-major est en train de discuter pour voir comment calmer les choses et ici, on discute avec les commandants de l’opération Serval pour sécuriser tout cela, mais ça va dans tous les sens. S'il y a des problèmes, on peut toujours les résoudre par le dialogue et la discussion, mais la violence ne saurait être une solution ».

L'urgence pour les notables de Kidal est, désormais, d'organiser une réunion au plus vite entre toutes les parties, tous les représentants des différentes communautés : Touaregs, Songhaï, Peuls pour ramener le calme. Le chef coutumier de la ville est à l'origine de cette réunion, les cadres de Serval et de la Minusma devraient y participer.

Ce regain de tensions entre les communautés tombe en tout cas au plus mauvais moment. Une annulation à Kidal du premier tour de l'élection présidentielle, qui doit se tenir le 28 juillet, serait une catastrophe pour la crédibilité du scrutin.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.