Mali: enlèvement de responsables électoraux et d'un élu à Tessalit

Région de Tessalit.
© RFI / Guillaume Thibault

La libération de deux des personnes enlevées samedi 20 juillet a été annoncée ce dimanche matin. Ces six personnes, dont des agents électoraux et un élu de la localité malienne de Tessalit, au nord de Kidal, avaient été enlevées ce samedi 20 juillet par des hommes armés, alors qu'elles organisaient la distribution des cartes d'électeurs Nina. Un rapt qui aggravait un peu plus les tensions, à seulement huit jours de l'élection présidentielle. L'identité des preneurs d'otages n'est pas encore connue.

L'identité et les conditions dans lesquelles les deux Maliens ont été relâchés n'ont pas été précisées par le responsable du ministère malien de l'Administration territoriale qui a annoncé l'information. Il n'a pas davantage donné d'indication sur le sort des autres personnes enlevées.

Les cinq agents électoraux et l'élu enlevés samedi sont tous de nationalité malienne. Ils étaient dans la localité de Tessalit, située à 200 kilomètres au nord de Kidal. Sur place, ils préparaient activement l'organisation du premier tour de la présidentielle.

Selon deux témoins interrogés séparément par RFI, l'enlèvement des agents électoraux et de l'élu s'est déroulé très rapidement. Des hommes armés et enturbannés les ont interceptés dans le secteur de Tessalit, avant de prendre très rapidement la direction de la frontière algérienne plus au Nord.

Qui sont les ravisseurs ? Le ministère de la Défense reste très prudent, « de forts soupçons pèsent sur le MNLA, dit un porte-parole, mais rien n’est sûr. Personne n’a revendiqué officiellement l’enlèvement ». Le général Sangaré, délégué général aux élections du Mali, affirme pour sa part ne pas avoir d’information.

MNLA et autorités s'accusent mutuellement

Le témoignage du préfet de Tessalit, Cheick Bouaré, recueilli par RFI dans l'après-midi, est quant à lui beaucoup plus accusateur envers le Mouvement touareg : « Je confirme l’enlèvement de certains membres des équipes de diffusion des cartes Nina (Numéro d’identification nationale, NDLR). Les membres des équipes se sentaient menacés depuis trois jours, et passaient donc la nuit au camp militaire d'Amachach. Et ce matin, quand ils sont arrivés en ville, ils ont été appréhendés par des éléments armés du MNLA à Tessalit. Le MNLA est contre l’élection présidentielle à Tessalit. Ils ont rencontré la population et ils l’ont menacée de représailles. Ils s’en sont pris aux membres de la commission, parce que sans distribution des cartes Nina, il n’y aura pas d’élection. »

« Ce n’est pas le MNLA », conteste Mahamadou Djeri Maïga, le numéro deux du groupe rebelle touareg. « Nous avons donné la consigne de laisser se faire les élections ». « Ce sont les autorités qui ont amené les preneurs d'otages, ce sont elles qui sont de mêche avec eux et ce sont elles qui font tout pour que les élections ne se tiennent pas », accuse-t-il. « Ils sont en train de fomenter des milices pour semer la zizanie à Kidal. Ils font monter des milices pour dresser les ethnies les unes contre les autres, uniquement pour qu'il y ait des troubles qui empêchent la tenue des élections », poursuit Mahamadou Djeri Maïga.

Quoi qu'il en soit, cet acte fragilise encore plus le processus électoral dans la région de Kidal. Déjà, jeudi et vendredi, des violences intercommunautaires dans la ville même avaient entraîné la mort de quatre civils, selon le bilan officiel. Le marché de la localité a été brûlé, et depuis lors, de nombreux civils sont toujours réfugiés dans un camp militaire de la ville.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.