Soumaïla Cissé, candidat de l’Union pour la République et la démocratie


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Soumaïla Cissé, 64 ans, ancien président de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), est le candidat de l’Union pour la République et la démocratie (URD), parti qu’il a créé en 2003. Dans son programme dénommé « Mon programme pour un Mali nouveau », il propose le renforcement de la sécurité et la croissance économique.

Soumaïla Cissé est né le 20 décembre 1949 à Tombouctou, dans le nord du Mali, il est ingénieur informaticien de formation. Il a fait ses études en France et y a travaillé au sein de grandes entreprises dont Electricité de France (EDF) et IBM-France, avant de rentrer au pays, en 1984.

Au Mali, il a travaillé notamment à la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT). Il y a fait ses débuts au poste de coordinateur des projets de développement de la zone cotonnière du Mali et en gravira les échelons pour en prendre la direction.

Ceux qui travaillent avec moi connaissent mes convictions très fortes. Il faut savoir se respecter, faire un combat d'idées et non un combat d'insultes ou d'invectives et c'est ce qui me caractérise peut-être de certains.
Soumaïla Cissé, candidat de l'URD
14-10-2013 - Par Christophe Boisbouvier

A ceux qui lui reprochent d’être un technocrate coupé des réalités des Maliens, il a récemment répondu « ce n’est pas juste ! J’ai commencé ma carrière à la CMDT. J’ai été, pendant une dizaine d’années, directement en contact avec le monde rural. Je connais ces problèmes. En tant que ministre des Finances puis de l’Equipement, je ne me suis pas contenté d’aller à Paris ou à New York, j’ai sillonné le pays en entier à la rencontre des populations ».

C’est en 1992 qu’il embrasse sa carrière politique. Militant à l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africaine pour la solidarité et la justice (Adéma/Pasj), il devient – suite à l’élection d’Alpha Oumar Konaré en 1992 - secrétaire général de la présidence. Il enchaîne les portefeuilles ministériels dont celui des Finances et du Commerce jusqu’à sa candidature à l’élection présidentielle de 2002.

Echec à la présidentielle de 2002

En janvier 2002, il démissionne du gouvernement pour se consacrer à la préparation de l’élection présidentielle. Il est, en effet, investi par l’Adéma-Pasj comme candidat pour la succession d’Alpha Oumar Konaré. Arrivé en seconde position mais lâché par le parti - très divisé - et par le président sortant lui-même, il a dû s’incliner face au général Amadou Toumani Touré (ATT) qui sera élu au deuxième tour.

Moins d’un an après, il crée son propre parti. Il quitte l’Adéma-Pasj avec une partie des militants pour fonder l’Union pour la République et la démocratie (URD). En 2004, il est nommé à la tête de la commission de l’UEMOA mettant ainsi, officiellement, sa carrière politique entre parenthèses. Il a notamment décidé de ne pas prendre le risque d’affronter Amadou Toumani Touré lorsque celui-ci, après un premier mandat de cinq ans, s’est présenté une seconde fois devant les électeurs, en 2007. Cependant, et pendant la législature 2002-2007, Soumaïla Cissé a placé son parti dans la mouvance présidentielle. Lors des législatives de 2007, l’URD est devenu la deuxième force politique du Mali avec 34 députés.

« il faut, qu’au Mali, on arrive à se réconcilier »

En 2012 et après avoir été à la tête de l’UEMOA pendant huit ans, Soumaïla Cissé s’est débarrassé de son costume de haut fonctionnaire international pour endosser, à nouveau les habits d’homme politique et revivre les émotions d’une campagne électorale : celle de la présidentielle d’avril 2012. Rappelons qu’à quelques jours de l’élection, le président ATT est renversé le 22 mars lors d’un coup d’Etat mené par le capitaine Sanogo. Soumaïla Cissé a été gravement blessé par les putschistes venus chez lui, visiblement pour le tuer. Il leur a échappé in extremis.

Il revient comme candidat à la présidentielle car aujourd’hui, a-t-il déclaré à RFI, « il faut, qu’au Mali, on arrive à se réconcilier ». Et ce sont précisément les thèmes liés au retour à la paix dans l’ensemble du Mali et au renforcement des institutions comme la justice et surtout l’armée qui font, entre autres, partie de son programme pour la présidentielle de juillet 2013.