Rwanda / Réfugiés - 
Article publié le : dimanche 21 juillet 2013 à 12:25 - Dernière modification le : dimanche 21 juillet 2013 à 19:25

Retour des exilés: «Actuellement, le Rwanda est calme»

La ministre rwandaise chargée des Réfugiés et de la Gestion des catastrophes, Séraphine Mukantabana.
La ministre rwandaise chargée des Réfugiés et de la Gestion des catastrophes, Séraphine Mukantabana.
www.midimar.gov.rw

Par Amélie Tulet

Depuis le 30 juin, les Rwandais exilés n'ont plus le statut de réfugiés selon la clause de cessation du HCR. Selon cet organe des Nations-Unies, environ 100 000 personnes sont concernées. Et les conditions de leur retour au Rwanda sont réunies. Il s'agit majoritairement des exilés hutus qui ont fui le Rwanda à partir de mai 1994 après le génocide. Aujourd'hui, ils sont répartis dans de nombreux pays africains. La ministre rwandaise chargée des réfugiés et de la gestion des catastrophes a donc entrepris une tournée dans les pays de la région pour convaincre les réfugiés qui s'y trouvent de revenir dans leur pays.

RFI : Séraphine Mukantabana bonjour, pourquoi encouragez-vous les exilés à rentrer au pays ?

Parce que les raisons qui ont prévalu à leur état de réfugiés ont cessé d’exister. Actuellement le Rwanda est calme, il y a la sécurité, il y a la paix.

Mais vous savez que beaucoup de ces exilés ont peur de rentrer au Rwanda, ils ont peur de l’amalgame avec les anciens génocidaires et donc ils ont peur de faire l’objet de représailles ou d’être arrêtés...

Je tiens à vous dire que personne n’est arrêté, le système de justice qui est là est un système équitable. Quelqu’un qui n’a rien à se reprocher, qu'il passe devant les juridictions s’il a été accusé en son absence, et il est acquitté. Je sais aussi que la plupart des Rwandais qui sont en exil ne sont pas des génocidaires et donc j’en appelle à leur confiance : s’ils n’ont rien à se reprocher, ils rentrent au Rwanda. Ceux qui sont encore en exil, je peux les rassurer.

Il y a aussi le problème foncier, ceux qui rentrent trouvent parfois leurs maisons ou leurs terres occupées par d’autres. Comment faites-vous pour régler ces litiges fonciers ?

Les mesures ont été prises, pour que toute personne qui rentre et dont les biens sont illégalement occupés, puisse rentrer en possession de ses biens. Maintenant ceux qui n’en ont jamais eu, parce que nous savons aussi qu’il y a des gens qui risquent de rentrer et qui n’ont pratiquement rien, ils n’ont pas de terres, ils n’ont pas de maisons ; le gouvernement aussi a pris des mesures pour assurer un domicile fixe et donner un lopin de terre, si ce sont des agriculteurs, pour qu’ils puissent vivre comme les autres Rwandais.

Combien d’exilés espérez-vous voir revenir dans les prochains mois ?

Nous nous attendons et nous nous préparons en fonction de 70 000 réfugiés qui sont dans des conditions un peu plus difficiles en Afrique. Mais nous savons aussi que dans certains pays, là où nous avons été -comme la Zambie-, il y a d’anciens réfugiés qui ont opté pour l’intégration locale ; à Brazzaville aussi, il y en a qui ont demandé l’intégration locale ; et nous sommes prêts à faciliter ceux des réfugiés qui vont choisir l’intégration locale comme solution durable.

Parmi les pays qui accueillent des réfugiés rwandais il y a la République démocratique du Congo et la RDC a refusé de reconnaître les conclusions du HCR. Kinshasa reconnaît toujours aux Rwandais présents sur son territoire le statut de réfugiés. Pourquoi ?

C’est vrai qu’avant Kinshasa avait une attitude, mais Kinshasa a fait un pas et il a avancé, il a adhéré aux conclusions des autres Etats de reconnaître la clause de cessation. Je pense que la nuance que Kinshasa met c’est qu’il dit qu’il ne va pas adhérer à une application mécanique de cette clause. Pour Kinshasa, il n’était pas question que, mécaniquement, au 30 juin, le statut de réfugié cesse. Compte-tenu de l’étendue de leur territoire et que certains réfugiés peuvent se trouver dans les zones de combats. Kinshasa avait demandé qu’on lui accorde trois mois pour qu’il prenne le temps de faire un enregistrement. C’est après cet enregistrement que Kinshasa va prononcer la clause de cessation.

Pourquoi ? Quelles sont ses craintes ?

Les craintes c’est peut-être de se retrouver avec un groupe de gens qu’on pensait qu’il n’était plus là alors qu’il est toujours là, de façon illégale et je pense que Kinshasa a tout intérêt, effectivement, à avoir des gens contrôlés sur son territoire.

En mars, des combattants du mouvement rebelle congolais du « M23 » se sont réfugiés au Rwanda, après les affrontements avec la branche de Sultani Makenga. Où en est leur démobilisation ?

Le groupe des ex-M23 qui est entré sur notre territoire au mois de mars a été démobilisé, il a été désarmé, il a été cantonné. Mais je pense aussi que le cantonnement va devoir finir. Nous sommes en train de voir avec la communauté internationale, parce qu’elle doit s’impliquer aussi, quelle pourrait être l’issue, ici, pour ce groupe. Nous pouvons les mettre dans un camp à part, nous pouvons les réintégrer dans les camps de réfugiés comme les autres ; de toutes les façons, ils sont considérés comme des demandeurs d’asile, ce ne sont pas des prisonniers. C’est quand même une situation plus particulière pour laquelle nous attendons le concours et la contribution des Nations unies pour pouvoir prendre une décision idoine.

Vous-mêmes vous avez quitté le Rwanda en 1994 pour la République démocratique du Congo, puis pour Brazzaville. Pourquoi avez-vous accepté de rentrer au Rwanda ?

Si je suis rentrée au Rwanda c’est que j’ai trouvé que les raisons qui m’ont poussée à l’exil n’étaient plus justifiables. J’avais fui, comme les autres, la situation d’insécurité qui prévalait en 1994. Au fur et à mesure, j’ai eu des informations du Rwanda et j’ai pu me rassurer : les conditions étaient réunies pour mon retour et pour ma sécurité.

tags: RDC - Réfugiés - Rwanda
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(6) Réactions

Il est assez consternant de

Il est assez consternant de lire certains commentaires qui pour la plupart proviennent de gens qui n'ont plus mit les pieds au Rwanda depuis 1994. Le pays que vous avez laisser a non seulement changé mais il le fait pour toutes et tous. Plutot que d'aboyer venez contribuer à ce dynamisme et faire avancer ce qui reste à accomplir.

A@Devo,nos commentaires

A@Devo,nos commentaires pèsent lourds dans ce débat internet,nos commentaires sont lu et attendu par beaucoup des lecteurs,nos commentaires sont lu par les espions des différents gouvernements pour leur sûreté dont à Kigali,kinshasa,l'onu,washington,etc...nos commentaires sont objectifs et ça change les lignes de tire.kigali ne prêche pas la vraie réconciliation entre les peuples.Devo dit M23 come back home (to kigali).

Le gouvernement rwandais a

Le gouvernement rwandais a bien préparé le retour des refugies, depuis 1995 plus de 4 millions sont rentres. Même le HCR a affirmé que les conditions de retour sont réglées. Ceux qui veulent rester refugiées sont ceux qui ont commis le génocide et ne veulent pas faire face à la justice

C'est toujours les

C'est toujours les extrémistes qui nous racontent d’histoires, vos commentaires nous fatiguent! Combien de gouvernement vous connaissez qui au lieu de se venger, prêche la réconciliation et exige de l'armée une discipline après de tels événements. Maintenant, il y a la paix pour tout les rwandais et on ouvre les portes pour les refugies. On est fatigué par les distractions…on veut avancer la !!! Come and See…venez voir le Rwanda

Comment madame la ministe

Comment madame la ministe peut oser parler d'exilés hutus alors que dans le pays on ne parle pas d'ethnies? Ou bien, elle ne veut pas inviter des tutsi ni des Twa à rentrer dans le pays.
Je suis rentré en 1998 avec ma famille et nous avons eu le malheur de rencontrer des Soldats de Kagame qui massacraient des peuples rwandais pour faire places au nouveaux venus. Je n'ai survecu qu'à cause du Bon Dieu qui m' a envoyé en internat le jours "J" qd le petit Jeep Land Cruiser à passé chez nous (personne à la maison n'a survecu).

Quelle genre de paix parle madame Séraphine si son chef n' a pas besoin de combattants pour la RDC?

les conditions de retour des réfugiés ne sont pas réunies

Madame Séraphine,c'est un appas de pouvoir tyrannique,les conditions de retour des réfugiés au rwanda ne sont pas réunis.il faut un dialogue politique clair du clan kagame et les parties concernées,un climat de confiance,partage des institutions démocratiques et militaires.les ex.M23 dans ces camps ne sont pas des congolais,pour une fois Madame,dite nous,la vérité rien que la vérité.les retours de réfugiés tutsis de la rdc,c'est pour quand?

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