Présidentielle malienne: à Kidal, le travail des administrateurs

Patrouille de l'ONU à Kidal, le 17 juillet 2013.
© REUTERS/Stringer

L’équipe du gouverneur est installée en camping dans le bâtiment de l’ancienne mairie. Une trentaine d’agents de l’administration, dont une bonne partie venue de Bamako, prépare l’organisation du scrutin du dimanche 28 juillet. Et ce, dans des conditions plus que précaires. Reportage.

Avec nos envoyés spéciaux à Kidal

7 heures pétantes, c’est l’effervescence dans le vieux bâtiment. Dans des temps désormais anciens, l'endroit servait de mairie. « A table ! » C’est l’heure du petit-déjeuner pour l’équipe d’agents administratifs qui campent ici et dorment à la belle étoile. Les matelas sont déjà rangés. Il est tôt mais il fait déjà chaud. Tout le monde doit se mettre à travailler. Le ramadan complique encore la tâche.

Un certain nombre d’agents viennent de Bamako. C’est le cas de Siaka, secrétaire adjoint au gouvernorat. Il commente : « C’est un peu dur ! Vous voyez vous-mêmes les conditions de vie, les dortoirs... En plus, il y a la température, il va falloir s’adapter. »

« Nous allons faire avec »

Adama Kamissoko, le gouverneur de Kidal, partage ce quotidien rustique et fait de son mieux. « Nous vivons en commun, explique-t-il. Nous prenons les repas ensemble. A partir de 8 heures, les gens commencent à travailler. Même dans leur chambre, qui sont en fait des bureaux ! »

Et M. Kamissoko de montrer les isoloirs, les urnes, les listes électorales rassemblés dans la pièce. « Nous attendons l’encre indélébile, commente le gouverneur. Ce n’est pas facile, parce que nous sommes dans une crise. Nous allons faire avec. » 7 000 cartes électorales ont été distribuées pour les onze communes de la région de Kidal. C’est peu, le gouverneur en convient. Mais il espère que les électeurs profiteront des derniers jours pour venir retirer leur carte Nina.

« C'est la garde statique »

Dehors, un soleil incandescent inonde la cour de la mairie, où la garde des militaires togolais de la Minusma (la force de l'ONU) prend le thé pour se rafraîchir. « Ce n’est pas le même thé qu’on prend au Togo quand même, mais je crois qu’il a les mêmes effets », plaisante un soldat.

« C’est dur à cause de la chaleur, de la température, avoue un camarade. On n’est pas tellement habitués. » Un autre militaire renchérit : « Ici, les conditions sont vraiment précaires. C’est la garde statique quoi, en fait on ne dort pas ! On est éveillés et on surveille. »

Pour les soldats togolais, qui effectuent ici leur première mission sous l’égide des Nations unies, cela ressemble pour l’instant au désert des tartares.

Jusqu'à présent, 7000 cartes ont été distribuées pour un corps électoral évalué à 35000 personnes. Les listes électorales définitives n'ont pu être validées (...) le vote à Kidal devrait être symbolique

Distribution de cartes électorales à Kidal
23-07-2013 - Par Ghislaine Dupont

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