Tchad: le gouvernement réclame la levée d'immunité de deux députés


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Au Tchad, le gouvernement a demandé la levée d'immunité de deux députés. Si le premier est soupçonné de détournements de fonds, le second, Saleh Kebzabo, est accusé d'outrage et d'atteinte à l'autorité. Un dossier d'autant plus génant qu'il s'agit de l'un des principaux opposants au régime.

Le gouvernement a demandé la levée de l'immunité de deux députés, dont Saleh Kebzabo. C'est ce que l'on a appris jeudi 25 juillet. Un dossier ayant été transmis en ce sens au bureau de l'Assemblée nationale et dont RFI a reçu une copie. Il y a deux demandes distinctes.

L'une concerne Lama Tchindébé. Ce député de Pala est accusé de détournement de fonds. Il se dit prêt à rembourser la somme de neuf millions de FCFA et a même proposé un échéancier. Une source judiciaire tchadienne a expliqué à RFI que la levée de son immunité devrait juste permettre son audition et le bouclage du dossier.

L'autre député concerné est Saleh Kebzabo, l'un des principaux opposants au Tchad. Il est accusé par le parquet de délit d'outrage, d'atteinte à l'autorité de la justice et de diffamation.

L'opposant a donné une interview à Ubinews et Tchadanthropus. Interview annexée au dossier au cours de laquelle il évoque entre autres les cas de trois journalistes emprisonnés depuis plusieurs mois déjà, Eric Topona, Avenir de la Tchiré et Jean Laokolé.

Dans cette interview, Saleh Kebzabo affirme qu'il s'agit « de réglements de comptes » et que cela rappelle « les pires heures soviétiques ». L'opposant explique qu'ils sont maintenus en détention sans avoir eu la possibilité ni d'être remis en liberté provisoire, ni même de voir un juge. C'est sur ce dernier point que Saleh Kebzabo est aujourd'hui attaqué.

Une source judiciaire explique que, les concernant, la procédure suit son cours, que le procureur a déjà pris son réquisitoire définitif et que le juge doit à présent décidé de renvoyer l'affaire ou de prononcer une ordonnance de non-lieu.

L'Assemblée nationale étant en session extraordinaire avec un ordre du jour précis, le bureau de l'Assemblée a estimé jeudi qu'il ne pouvait pas étudier pour l'instant ces demandes. Il précise de plus qu'il faut que le gouvernement prenne un nouveau décret pour prolonger la session et modifier l'ordre du jour, ou qu'il attende la session ordinaire d'octobre.

Ce n'est pas la première fois cette année que Saleh Kebzabo est inquiété par la justice. Il avait été convoqué suite à une tentative de déstabilisation dénoncée par le gouvernement. Absent du pays, il n'avait finalement pas été poursuivi à son retour.