A Kidal, la Minusma est au complet pour le scrutin présidentiel

Départ de patrouille des casques bleus guinéens et béninois de la Minusma.
© RFI / Claude Verlon

La Minusma est au complet pour le scrutin présidentiel attendu ce dimanche. La force d’action rapide sénégalaise dispose du soutien des soldats béninois et guinéens pour sécuriser Kidal, les forces de police togolaises sont, elles, chargées du maintien de l’ordre. Les casques bleus mènent des patrouilles mixtes avec l’armée malienne, plus rarement avec les Français de l’opération Serval. Les sept points d’entrée de la ville qui étaient auparavant aux mains des rebelles touaregs sont aujourd’hui tenus par les casques bleus. Reportage.

Avec nos envoyés spéciaux à Kidal, Ghislaine Dupont et Claude Verlon

« Nous sommes sur le check-point Gao-Kidal. Tout véhicule qui vient ici est systématiquement fouillé » affirme le jeune capitaine guinéen Amidou Souma, commandant de la compagnie Nimba. il affiche un visage encore poupin, mais il ne faut pas s’y fier. Il effectue avec le plus grand sérieux sa tournée des sept check-points de Kidal. Les casques bleus s’abritent sous le seul acacia qui survit dans la vaste étendue lunaire de cailloux et de sable.

Pas de répit, un véhicule arrive, un soldat lui fait signe de stopper et reste lui-même à une vingtaine de mètres. Les deux occupants du 4x4 sortent, on leur ordonne de lever le devant de leur djellaba et de faire de même en se retournant. Pas d’armes. Le soldat avance, inspecte du regard la Toyota : « Ouvrez les portes de derrière. Où allez-vous ? Comment vous appelez-vous ? Vous avez les papiers de votre voiture ? ». Ibrahim est un éleveur qui nomadise à 5 km de là, il vient repérer l’endroit pour voter dimanche, il vit avec philosophie les contrôles au check-point.

« Ca va, dit-il, c’est pas trop difficile. Je retourne dans la brousse, je vais voter à Kidal. Je vais prendre les cartes, mais je n’ai pas compris quel est le numéro de bureau… ».

Une élection en saison d’hivernage n’est pas adaptée, surtout pour les éleveurs nomades. « C’est chaud,ajoute Ibrahim, il n’y a pas d’eau pour les animaux. Et le vote qui arrive... »

Dimanche, il est peu probable que les éleveurs nomades se rendent aux urnes. La survie du bétail, et donc des hommes, vaut plus qu’une élection, même présidentielle.

 

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