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Morgan Tsvangirai Robert Mugabe Zimbabwe

Présidentielle au Zimbabwe: Mugabe et Tsvangirai face à face

media Robert Mugabe face à Morgan Tsvangirai dans une rue d'Harare, la capitale du Zimbabwe. REUTERS/Philimon Bulawayo

Le Zimbabwe vote ce mercredi 31 juillet pour des élections générales : scrutins présidentiel, législatif et municipal. Elles opposent le parti historique la Zanu-PF et le président Robert Mugabe à l'opposition du MDC, dirigée par le Premier ministre Morgan Tsvangirai. Alors que ce dernier multiplie les accusations de fraude, Mugabe se dit sûr de sa réélection après 33 ans au pouvoir.

Robert Mugabe, s'il incarne le dictateur par excellence en Occident, demeure populaire pour une grande partie des Zimbabwéens. Chez les plus âgés et les ruraux notamment, il reste un héros de l'indépendance.

Grande figure de la lutte contre les colons de l'ancienne Rhodésie du Sud, Mugabe est devenu Premier ministre à l'indépendance en 1980. Élu président de la République le 31 décembre 1987, il donne progressivement au régime son tournant dictatorial. Mais pour ses ennemis, il reste celui qui a ensuite plongé l'ancien grenier à blé de l'Afrique dans l'hyperinflation et la pénurie alimentaire.

Une élection précipitée

En face, Morgan Tsvangirai, à 61 ans, incarne le changement face à un président de 89 ans, chef d'État le plus âgé d'Afrique. Ancien mineur, ancien chef du Congrès des syndicalistes zimbabwéens, Tsvangirai est le fondateur du MDC (Mouvement pour un changement démocratique) et se présente depuis 2002 à la présidence.

Le scrutin comprend des élections législatives et municipales, mais le choix présidentiel focalise l'attention, du fait de la personnalité des deux adversaires, mais aussi de la précipitation de son organisation. Selon International Crisis Group, la date du scrutin est en effet trop précoce, les institutions n'étaient pas prêtes et la modification de la Constitution en mars dernier n'a pas eu l'impact escompté.

Mugabe a mené campagne comme un héros indétrônable, son parti n'envisage même pas de perdre le pouvoir. Mais ce chef d'État d'un autre temps, après l'isolement diplomatique et 33 ans de pouvoir, Robert Mugabe est également apparu fatigué et dépassé par la machine de la campagne. Ce mardi, il a annoncé pour la première fois que – le cas échéant – il accepterait sa défaite.

Risques de fraudes ?

Peut-il être réélu sans fraudes ? Pour le MDC, qui partage le pouvoir avec Mugabe depuis les élections disputées de 2008, la réponse est non. Comme David Coltart, sénateur MDC, les partisans du Premier ministre Morgan Tsvangirai voient les manipulations de la Zanu-PF se multiplier au quotidien. « Il n'ya pas eu de violence cette année ; l'Union africaine et la SADC n'accepteront pas des résultats marqués par des violences. Ils ont donc recours à des techniques plus sophistiquées pour décourager les jeunes et les électeurs des grandes villes, en manipulant la liste électorale et en la gardant secrète », rapporte ainsi David Coltart.

Robert Mugabe a pourtant exclu de laisser entrer des observateurs occidentaux.
« Nous sommes un pays indépendant, un continent indépendant, nous avons ces organisations depuis longtemps, l'Union africaine depuis 1963, la SADC depuis les années 1980, la Comesa depuis les années 80 aussi, nous savons faire depuis longtemps, on organise des élections depuis 1980, et nous n'avons jamais vu d'erreur, argue ainsi Rugare Gumbo, porte-parole de la Zanu-PF. Notre plus grand problème est que les Occidentaux pensent que la démocratie ne peut être atteinte que quand ils sont impliqués dans l'organisation d'élections. Selon moi, cela est faux ».

Morgan Tsvangirai a lui aussi assuré lors de son dernier rassemblement, lundi 29 juillet, qu'il était sûr de la victoire. Mais l'accord de partage de pouvoir aurait finalement affaibli la position du MDC. Le MDC parie sur une victoire dès le premier tour.

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