Elections au Zimbabwe: «une énorme farce», selon le candidat Morgan Tsvangirai

Morgan Tsvangirai, Premier ministre zimbabwéen, lors d’une conférence de presse à Harare, ce jeudi 1er août.
© REUTERS/Philimon Bulawayo

« Ce n'est pas une élection, c'est une énorme farce », accuse Morgan Tsvangirai, Premier ministre zimbabwéen et candidat face au président sortant Robert Mugabe. L’ONG Zimbabwe Election Support Network (ZESN), qui avait déployé des observateurs, juge également que la crédibilité du scrutin est compromise. La commission électorale zimbabwéenne a pour sa part annoncé que le dépouillement des bulletins s’est terminé ce jeudi 1er août en début d'après-midi.

« Une énorme farce ». Le Premier ministre zimbabwéen, Morgan Tsvangirai, considère même que les élections sont « nulles ». Il appelle l’Union africaine et la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), l’organisation sous-régionale, à enquêter.

Des propos très offensifs, alors que la police anti-émeute boucle le périmètre autour du siège de son parti, le Mouvement démocratique pour le changement. Le MDC, selon plusieurs sources, aurait perdu de nombreux sièges à l’Assemblée y compris dans ses fiefs, comme à Harare la capitale.

Un million d'électeurs auraient été écartés des urnes

L’élection est sérieusement compromise. C’est aussi l’avis de la principale organisation locale d’observateurs, le Réseau de soutien aux élections du Zimbabwe (ZESN), qui avait déployé tout de même 7 000 observateurs à travers le pays. S’il n’y a pas eu de problèmes techniques de bulletins ou de bureaux de vote, ce réseau dénonce en revanche une intimidation à grande échelle des électeurs, notamment dans les villes réputées proches de Morgan Tsvangirai. Un million d’électeurs auraient été ainsi empêchés de voter.

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Robert Mugabe, président du Zimbabwe depuis 33 ans, après avoir voté le mercredi 31 juillet à Highfields, près d’Harare. © REUTERS/Siphiwe Sibeko

D’autres analystes politiques évoquent des problèmes liés à la liste électorale. Pour eux, c’est à ce niveau que la fraude aurait été orchestrée. Ces analystes soulignent que, par rapport au recensement, trop peu de jeunes figuraient sur la liste électorale.

L'Union africaine valide le processus électoral

Tous ces propos tranchent avec les premières conclusions de la mission d’observation de l’Union africaine qui parlent d’« élections pacifiques, ordonnées, libres et honnêtes ». En tout début d’après-midi, la mission d’observation de la SADC tenait à peu près les mêmes propos, parlant d’une « élection efficiente, pacifique et ordonnée ».

Les observateurs d’Afrique australe ont par ailleurs fait savoir, en début d’après-midi ce jeudi, leur intention de ne livrer leurs conclusions définitives que demain.

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