Zimbabwe: l'UA et la SADC prudentes sur les soupçons de fraudes

Bernard Membe, le chef de la délégation des observateurs de la SADC, lors d'une conférence de presse ce vendredi 2 août à Harare.
© REUTERS/Siphiwe Sibeko

Les élections présidentielle, législatives et municipales au Zimbabwe ont eu lieu mercredi et on attend toujours les résultats. Le porte-parole de la Zanu-PF assure que Robert Mugabe va remporter la présidentielle avec plus de 70% des suffrages et que son parti aura la majorité des deux tiers à l’Assemblée. Du côté du MDC, le parti du Premier ministre Morgan Tsvangirai, on dénonce des fraudes massives. L'Union africaine et la SADC, l'organisation sous-régionale, se sont exprimées ce vendredi 2 août. Pour la SADC, il est trop tôt pour juger de l'honnêteté de ce scrutin.

La principale organisation locale qui surveille le déroulement du processus électoral a estimé que les élections étaient compromises. Un million de votants sur les six aurait été empêchés de voter soit par des actes d’intimidation, soit parce que leur nom ne se trouvait pas sur les listes électorales. Les Etats-Unis et l’Union européenne n’ont pas pu envoyer d’observateurs, parce que le camp de Robert Mugabe y était hostile, les accusant de partialité. Seules l’Union africaine et la SADC avaient des missions d’observation sur place.

La mission de l’Union africaine a été la première à s’exprimer. Et de deux manières. D’abord avec des conclusions par écrit, la mission relève de nombreuses irrégularités. Les listes électorales publiées à la dernière minute et qui donc n’ont pas pu être vérifiées avant le vote. 37% de bulletins en trop. Elle se dit également préoccupée par le taux élevé d’électeurs qui n’ont pas pu voter ou qui ont été accompagnés dans les bureaux de vote, sans préciser de chiffres. Mais quand ensuite il a pris la parole devant la presse, le chef de la mission Olusegun Obasanjo s’est voulu rassurant, affirmant qu’il ne pensait pas que ces incidents remettaient en cause la volonté populaire.

Aucune élection n’est parfaite, a poursuivi l’ancien président nigérian. Mais il a tout de même demandé à la commission électorale de se prononcer sur le nombre d’électeurs qui n’ont pas pu voter. Si cela concerne un quart du corps électoral, a-t-il expliqué, là, le résultat des élections serait fatalement compromis.

La mission de la SADC, qui ne s’était pas exprimée jusqu’ici, a été encore plus prudente dans ses commentaires. Pour elle, les scrutins se sont déroulés de manière libre et pacifique, mais il est trop tôt, disent les observateurs de la SADC, pour affirmer que les résultats de ces élections sont honnêtes. Elle donne 30 jours pour rendre son rapport. Mais d’ici là, les résultats officiels seront proclamés et les recours du MDC déposés. Ce que craignent par-dessus tout ceux qui suivent de près la vie politique zimbabwéenne, c’est le tête-à-tête qui s’annonce entre la Zanu-PF, qui crie victoire, et le MDC qui rejette déjà les résultats. Un différend qui, comme en 2008, pourrait se régler dans la rue.

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