Centrafrique / Entretien - 
Article publié le : samedi 10 août 2013 à 09:22 - Dernière modification le : samedi 10 août 2013 à 09:22

François Bozizé sur RFI: «Si l'occasion se présente, je souhaite reprendre le pouvoir»

L'ancien président centrafricain François Bozizé souhaite «reprendre le pouvoir» en RCA.
L'ancien président centrafricain François Bozizé souhaite «reprendre le pouvoir» en RCA.
REUTERS/Luc Gnago

Par Ghislaine Dupont

Quatre mois après avoir été renversé par les rebelles centrafricains de la Seleka, Francois Bozizé sort de son silence. Le président déchu réside actuellement en France où vit sa famille. Comment juge-t-il la situation dans son pays ? Quelles sont ses ambitions ? Il répond aux questions de Gislaine Dupont.
 

RFI: Vous aviez demandé l’asile politique en France après votre renversement le 24 mars. Vous n’avez pas obtenu visiblement de réponse. Aujourd’hui vous êtes sur le territoire français. Est-ce que ça veut dire que les autorités françaises ont changé d’avis ?

François Bozizé: Je n’ai pas demandé officiellement. Si je suis ici, c’est tout simplement pour rendre visite à ma famille qui réside depuis toujours en France. C’est l’objet de ma présence ici.

Est-ce que vous avez déjà rencontré des dirigeants français comme par exemple le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius ?

Toutes les autorités se trouvent en vacances actuellement et c’est difficile de pouvoir rencontrer qui que ce soit. Mais il y a des rendez-vous en vue. On verra comment les choses vont se dérouler.

Là vous allez rester à Paris pendant quelque temps ?

Oui, j’y suis encore pour quelque temps encore.

Quelques semaines ?

(rires) Pour quelques semaines, oui.

Quelles sont aujourd’hui vos ambitions ?

Pendant le séjour ici, j’ai été entouré par des compatriotes qui sont venus me voir. On a discuté. Finalement nous sommes tombés d’accord pour mettre sur pied une structure qu’on appelle le Front pour le retour de l’ordre constitutionnel en Centrafrique (Frocca). L’objectif de notre structure, c’est suivre de près et dénoncer tout ce qui se passe au pays, afin d’informer l’ensemble de la communauté internationale qui semble n’être pas encore pénétrée de la grave crise, du drame qui se construit en République centrafricaine.

Est-ce que vous avez le projet de rentrer à Bangui ?

Pourquoi vous me posez cette question ?

Si vous voulez le retour à l’ordre constitutionnel, cela veut dire que vous voulez reprendre votre pouvoir ?

Oui reprendre le pouvoir. Si l’occasion se présente, je le ferai.

Par la voie politique ou la voie des armes ?

La voie politique puisque la voie des armes ne vient que lorsque la solution politique n’est pas trouvée. Ça a été toujours comme cela.

Justement, Bangui vous soupçonne d’avoir déployé des militaires de l’autre côté du fleuve Oubangui en RDC, notamment le capitaine Eugène Ngaïkosset qui s’y trouverait. Est-ce que vous disposez aujourd’hui de forces militaires ?

Non, ça c’est de l’invention. Pour le moment, Ngaïkosset est réfugié au Congo démocratique, c’est tout ce que je sais. Mais là ce ne sont que des supputations.

Comment expliquez-vous la déroute de votre armée qui n’a pas su vous défendre et défendre la capitale ?

J’étais sur le terrain moi-même le 22 et le 23 mars avec cette armée. Et nous savions que nous avions détruit une bonne partie de la capacité militaire de la Seleka.

Mais la Seleka a pris le pouvoir...

Oui, elle a pris le pouvoir parce qu’elle a été aidée par une puissance extérieure. C’est tout.

Laquelle ?

Vous la connaissez, je ne voudrais pas encore rentrer dans les polémiques. C’est bien le Tchad.

Votre ancien allié, Idriss Déby vous a lâché. Pour quelle raison ?

J’aurais voulu que vous lui posiez la question pour que je puisse mieux comprendre car de mon côté, je ne crois pas avoir de problème avec le Tchad et le président Déby. J’ai été surpris de voir que ce sont les forces de son pays qui sont venues parachever l’action des rebelles.

La Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) et d’une certaine façon l’Union africaine n’ont pas imposé à Michel Djotodia le retour à l’ordre constitutionnel et ont négocié la mise en place d’un gouvernement de transition. Est-ce que cela vous a déçu ?

Ça c’est du bricolage. Ça ne servira à rien. Comment voulez-vous que des criminels puissent faire quelque chose de sérieux au pays ? Le désastre, le chaos, le désordre que nous constatons actuellement.

Est-ce que vous avez encore des alliés dans la sous-région ?

J’avais des alliés. Nous étions tous des alliés. Mais la politique est ce que vous connaissez. Du jour au lendemain, ça peut devenir rouge, vert, jaune… Et il faut toujours s’attendre à cela. C’est ce que je vis malheureusement pour mon pays et pour le peuple auquel j’appartiens, c’est pénible de constater cela.

Sur qui comptez-vous aujourd’hui pour changer la donne et peut-être envisager de reprendre votre pouvoir à Bangui ?

Compter sur quelqu’un ? Non. Peut-être la France qui a été à nos côtés depuis toujours et qui maîtrise mieux le problème centrafricain dans la mesure où nos partenaires de l’Afrique centrale ont créé le fiasco dans la situation centrafricaine. La France est mieux placée pour pouvoir résoudre le problème avec la contribution de l’Union africaine. Nous pourrions arriver à faire quelque chose.

Vous espérez un jour retrouver votre fauteuil présidentiel ?

(rires) Je suis démocrate. Je respecte la Constitution de mon pays. Si je dois le faire, je peux le faire. Si je ne peux pas le faire, si le peuple me rejette, je me plierai à la volonté du peuple. Mais la démarche n’est pas une démarche brutale, c’est de voir les voies et les moyens qui peuvent nous permettre de sauver ce peuple, ce pays, qui a trop souffert.

tags: François Bozizé - République centrafricaine - Seleka
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(8) Réactions

Pourquoi les chefs d'état

Pourquoi les chefs d'état africain cherche coute que coute a revenir au pouvoir après s’être chassé de ce même pouvoir?

bozize étais le meilleur

bozize étais le meilleur président. je souhaite qu'un jour il reprend le pouvoir

Bozize a été chassé par des

Bozize a été chassé par des rebelles. pour cette seule raison, tout africain devrait soutenir sa démarche pour un retour à l'ordre constitutionnel. quels que soient les "ravages" qu'il a pu causer dans le tissus social ou l'économie, c'était au peuple centrafricain de le sanctionner par la voie des urnes, et non à une bande de mercenaires de prendre les armes. L’Afrique s'infantilise toujours davantage avec ces comportements digne d'une autre époque. Qu'on laisse Bozize se soumettre, en toute liberté, à la sanction du peuple qui est seul souverain. On saura alors si les Centrafricains n'en veulent plus. Tout le reste n'est que errements.

Bozizé a été le pire président

Bozizé a été le pire président que la RCA ait connu. On prend les mêmes et on recommence ? Non. Il est temps qu'il se fasse oublier. Les hommes talentueux ne manquent pas pour diriger ce pays. Personne n'est derrière lui. Nous ne voulons plus de ce dictateur de pacotille pour notre pays. Qu'il réponde de ces crimes, notamment des morts découverts dans son garage, devant un tribunal international.

bravo mon président

bravo mon président tu as trouver les mots juste pour condamner et dénoncer le complot du tchad contre notre beau pays la RCA
nous sommes tous derrière vous pour vous soutenir et avec l'aide de DIEU vous reviendrez au pouvoir le peuple à trop souffert et notre pays ne seras jamais islamique les centrafricains doivent se battre pour chasser ses selekons de notre pays il faut qu'on se réveille mes chers compatriotes à force d'être gentil avec tout le monde que la CENTRAFRIQUE est une terre d’accueil voilà ce qui nous arrive les gens qu'on a accueillis les bras ouvert et qui maintenant prennent les armes contre nous mais ils vont payer tout ce paie ici bas
le porte parole du gouvernement TCHADIEN fera mieux de réfléchir avant de parler dans le désordre s'il à la mémoire courte nou pouvions lu rappeler beaucoup de choses
bon courage mon président
DIEU va vous aider et vous donnera la sagesse nécessaire

Je loue le courage de notre président

Je loue le courage de notre président qui à le courage et qui à trouver les mots juste pour condamner et et dénoncer le complot contre la Centrafrique je lui souhaite bon courage nous sommes tous derrière toi ....
Que DIEU te donne la force !

Bozizé doit répondre de ses crimes

Bozizé doit répondre de ses crimes de guerre et crimes contre l'humanité devant la CPI. Il serait opportun que RFI fasse s'exprimer les Centrafricains victimes des affres de la dictature de ce général de pacotille et d’opérette plutôt que de lui laisser le micro pour qu'il continue à se moquer de notre peuple. C'est lui qui a fait venir en Centrafrique les mercenaires tchadiens et soudanais qui sont en train de martyriser le peuple centrafricain en ce moment. La presse doit faire passer en priorité les intérêts du peuple centrafricain que perdre son temps à faire la promotion d'individus qui se sont imposés à la tête de ce pays dont les intérêts se situent à des années lumières de leurs préoccupations les plus maléfiques. ...
La France républicaine doit réagir par rapport à de telles déclarations qui heurtent les bonnes consciences...

Était - il au courant

Était - il au courant que pendant les années de sa gestion du pouvoir le peuple souffrait? Et en 10 ans il n'a pas trouvé le moyen de le sauver peuple et c'est maintenant quand il va reprendre pouvoir qu'il trouvera les moyens? allons..... avec ces têtes au pouvoir l'Afrique n'avancera pas.....

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