A Madagascar, les zébus seront désormais fichés pour empêcher la vente de bétail volé


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Les vols de bœufs par des bandes armées se multiplient depuis l’année dernière. Il y a deux semaines encore des affrontements entre voleurs et villageois ont fait plus de 70 morts dans le sud du pays. Pour répondre à ce fléau, le ministère de l’Elevage a mis en place un nouveau système : une fiche individuelle de bovidé qui doit empêcher la vente des bêtes volées dans le circuit légal.

En six mois près de 20 000 bœufs ont été volés dans tout le pays. Des bœufs que l’on retrouverait sur les grands marchés qui alimentent les grandes villes. Désormais lors de la vente, chaque zébu devra avoir sa fiche individuelle dotée d’un hologramme. Elle mentionne l’origine, le propriétaire, la vaccination.

« L’objectif c’est d’assainir la commercialisation des bovins, d’améliorer la traçabilité des bovins en transaction et d’alléger la procédure de vente », explique Jean-Michel Rakoto, directeur des ressources animales au sein du ministère de l’Elevage.

Les fiches sont censées faire reculer la corruption, mais il faudra encore qu’il y ait un véritable contrôle de la part des autorités, ce qui n’est pas le cas pour l’instant.
Au-delà de la création de ces fiches de traçabilité, le ministère projette une réorganisation totale de la filière bovine, en particulier la production.

Création de ranchs

« Nous allons créer des ranchs bovins. Nous avons déjà identifié toutes les régions potentielles. Donc ce sont des ranchs de 20 000 hectares et il en faut 30. Donc ça fait 600 000 hectares de ranchs pour des investisseurs privés », indique Jean-Michel Rakoto.

Ce projet de création de fermes d’élevage devra attendre la fin de la crise politique : la tenue d’élections et le retour des bailleurs de fonds internationaux.