Algérie: un litige commercial à l'origine des tensions tribales dans le sud?


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Les forces de l'ordre ont fini par instaurer un couvre-feu à Bordj Badji Mokhtar, près de la frontière avec le Mali, après trois jours de violences entre deux tribus. Les affrontements, qui ont fait au moins neuf morts et des dizaines de blessés depuis mardi, semblent avoir commencé après le meurtre d'un jeune Touareg. Mais les arguments des différentes parties se contredisent.

Vendredi 16 août, à partir de 18 heures, il était interdit de circuler dans la ville. De très nombreuses arrestations ont eu lieu. L’armée - dont les renforts sont arrivés ce même vendredi - et la gendarmerie ont bouclé toute la ville.

Ce samedi, très peu de véhicules circulaient, mais les gens sortaient quand même. Certaines familles, inquiètes pour leur sécurité, sont allées se réfugier près de la caserne de gendarmerie.

Ce samedi après-midi, les forces de l’ordre ont fouillé des maisons à la recherche d’armes, que ce soit des sabres ou des armes à feu. Les autorités ont promis de trouver et de juger les responsables des neuf morts. Jeudi soir, elles avaient arrêté une quarantaine de personnes. L’amenokal, le chef touareg local, a appelé au calme. quant aux notables de la ville, ils réclament désormais l’intervention du Premier ministre.

Opposition tribale

Lorsque les violences ont commencé mardi soir, on a d’abord affirmé qu’ils s’agissait de représailles. Un jeune homme d’une tribu touarègue, qui voulait ouvrir un commerce dans un quartier arabe, a été retrouvé mort. Ses proches s’en seraient pris aux présumés responsables, des membres d’une tribu arabophone.

Si les violences se sont amplifiées, ce serait dans un contexte d’opposition tribale, similaire à la situation du nord du Mali, entre Touaregs et Arabes. Une thèse adoptée par certains membres du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) qui ont pris part aux affrontements.

Contrôle des trafics transfrontaliers ?

Sauf que cette version pose plusieurs questions aux spécialistes de la région. D’abord, à Bordj Badji Mokhtar, de nombreuses communautés cohabitent. Elles sont mélangées, font du commerce ensemble. Des rivalités purement ethniques n’ont jamais existé. Ce serait une première. Et puis, les destructions n’ont touché aucun bâtiment public. Il n’y aurait donc pas de fort sentiment d’injustice envers les autorités.

Selon les habitants, ce sont uniquement des commerces et des habitations ciblées qui ont été attaqués. Tout cela accrédite la thèse d’un conflit commercial. Les deux tribus se disputeraient en fait le contrôle du commerce et donc du trafic transfrontalier.

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