RDC: les Nations unies accusent le Rwanda de soutenir le M23


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Les Nations unies ont intensifié jeudi 29 août l'engagement de la brigade d'intervention de la Monusco aux côtés de l'armée régulière congolaise contre les rebelles du M23. Dans le même temps, à New York, l'ONU a de nouveau accusé le Rwanda de soutenir la rébellion au cours d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité sur la situation au Nord-Kivu.

C'est le sous-secrétaire général de l'ONU aux opérations de maintien de la paix, Edmond Mulet, qui a fait le point jeudi, sur la situation au Nord-Kivu, au cours d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité.

D'après des diplomates, Edmond Mulet a déclaré que l'ONU avait des informations crédibles sur un soutien de l'armée rwandaise au M23. Il a parlé d'infiltrations de troupes rwandaises en RDC ces derniers jours. Il a aussi accusé le M23 d'être à l'origine des tirs d'artillerie qui ont touché la ville rwandaise de Gisenyi, voisine de Goma.

Pour l'ONU, le M23 est responsable des tirs sur le Rwanda

« Le secrétaire général aux opérations de maintien de la paix a confirmé à l’instant que le M23 avait tiré de manière répétée et délibérée sur des civils de Goma et sur la Monusco », a rapporté au micro de RFI Alexis Lamek, adjoint de l'ambassadeur français à l'ONU. « Edmond Mulet a également souligné que des éléments du M23 tiraient sur le territoire rwandais, à partir de positions qu’ils tiennent sur le territoire de la République démocratique du Congo. Edmond Mulet a par ailleurs précisé que les seules observations de tirs qui sont effectués sur le territoire rwandais viennent des positions tenues par le M23. »

Pour le Rwanda, « une ligne a été franchie »

Selon l'ONU, les FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo) ne seraient donc pas responsables de ces tirs qui ont touché le territoire rwandais. Le Rwanda accuse pourtant l'armée congolaise. « Une ligne a été franchie. Les civils rwandais sont pris pour cibles par les forces armées congolaises. Nous ne pouvons pas tolérer cette provocation plus longtemps, et nous n'hésiterons pas à défendre notre territoire », a déclaré Olivier Nduhungirehe, ambassadeur adjoint du Rwanda à l'ONU.

Dans ce contexte d'escalade militaire et verbale, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a contacté le président rwandais pour l'inciter à la retenue.