Niger: à Agadez, le marché de l'auto d'occasion souffre de la fermeture de la frontière algérienne

Agadez est une plaque tournante commerciale pour les voitures et pour les autres marchandises.
© AFP/Issouf Sanogo

Depuis janvier dernier, depuis les attentats d’In Amenas en Algérie, la frontière entre l’Algérie et le Niger est restée fermée au poste d’Assamaka. Cette situation met au chômage beaucoup de jeunes Nigériens qui importent des véhicules de seconde main venant d’Europe pour les vendre dans les villes nigériennes d’Arlit et d’Agadez.

Abdullah Ibrahim gère un de ces parcs d’importation de véhicules depuis la frontière algérienne qui ont vu le jour dans la ville d’Agadez. Depuis neuf mois, il ne fait que compter les jours et les heures, dans l’espoir que cette frontière va rouvrir. Il explique à RFI comment une voiture qui arrive d’Algérie permet de manger à une vingtaine de personnes. «Il y a les carnets, les transits, la police, la douane… Celui qui va laver la voiture, celui qui va (changer NDLR) – comment dire – les roues, les pneus – tu as vu ? – tu vas acheter l’essence, tu vas faire la vidange, le mécanicien… Plus de vingt personnes qui vont travailler pour gagner quelque chose ! Mais maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? On ne fait rien maintenant ! »

Un commerce qui profite aussi à Harouna et ses amis. C’est eux qui s’occupent du lavage des voitures. «Quand les convois de véhicules arrivent d’Algérie, il y a beaucoup de voitures à laver. Je peux gagner 10 à 15 000 francs Cfa par jour ! Sans compter ce que gagnent mes amis aussi ! On n’a pas aimé la fermeture de cette frontière. Que Dieu nous montre le jour où elle rouvrir » se plaint Harouna.

Cotonou, roue de secours

Mohamed fait partie, lui, des jeunes qui vont jusqu’à Tamanrasset, pour acheter des voitures et les revendre ici. Depuis que la frontière Niger-Algérie est fermée, il s’est tourné vers le port de Cotonou. Mais c’est beaucoup trop cher et trop loin. « Le véhicule que je prends à Tamanrasset, jusqu’à l’arrivée à Agadez, ça revient à 2 millions 100. Donc j’arrive ici, si je trouve un client à 2 millions 300, 2 millions 400, je revends. Au moins je trouve 400 000 (de gainNDLR). Et c’est un voyage facile. On a 870 kilomètres de Tamanrasset à Agadez. En deux jours, je peux faire la navette. Mais aujourd’hui, on va jusqu’à Cotonou. Tu vois, la voiture Corona rouge, là ? J’ai payé ça à Cotonou. Ça m’est revenu à 2 millions 600. Ça me fait quatre jours. J’ai des véhicules qui font quatre mois, que j’ai amenés de Cotonou » explique Mohamed.

La Libye eldorado des belles cylindrées

L’autre frontière d’où sont importées des voitures vers Agadez c’est la Libye. Mais il s’agit alors de véhicules qui ne sont pas à la portée des petites bourses.

Moustaz est le gérant d’un parc : « Même les petits véhicules qu’on emmène de Libye c’est de l’ordre de 7 à 8 millions. Ce sont des véhicules de luxe, ce sont des 4x4. Mais les véhicules qui viennent d’Algérie, on peut même en trouver pour 800 000 Cfa, un million, voire un million 300 et 2 millions Cfa, à la rigueur ».

Dans les parcs d’Agadez on trouve en vente, même des camions et des gros engins de travaux publics, arrivés de Libye suite à la chute du régime de Kadhafi.

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