RDC: Kinshasa exclut une centaine de rebelles M23 de toute amnistie


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La question de l'amnistie se discute à Kampala, en Ouganda, où se tiennent des pourparlers entre le gouvernement et le M23, mais aussi à Kinshasa, dans le cadre des concertations nationales. Jeudi 19 septembre, le porte-parole du gouvernement a indiqué que l'amnistie des rebelles se fera « au cas par cas », une centaine d'entre eux ayant d'ores et déjà été exclus du processus.

Le porte-parole du gouvernement s’est voulu très explicite. Lambert Mende Omalanga a affirmé que l’amnistie des rebelles et leur éventuelle réintégration dans l'armée régulière ne sera pas globale. En effet une catégorie de personnes ne devrait pas y avoir droit. C'est le cas de ceux qui ont commis des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité, tué des civils, recruté des enfants soldats, pillé les richesses de la RDC.

« Nous avons informé le ministre rwandais de la Défense, ce qui facilite les pourparlers de Kampala, explique Lambert Mende Omalanga. Et à sa demande, nous lui avons remis une liste d’une centaine de personnes sur les 1 700 que compte le M23, qui ne peuvent pas dans ces conditions-là être éligibles à l’amnistie, ou même à la réintégration au sein des forces armées. Cette démarche a le soutien des représentants des Nations unies, aussi bien dans la région des Grands Lacs qu’en RDC. »

Le premier nom sur cette liste est celui de Bosco Ntaganda, dit Terminator, aujourd'hui transféré devant la Cour pénale internationale (CPI). Derrière son nom figurent quelques lignes de biographie. « Sujet rwandais, né à Kinigi au Rwanda, ancien instructeur en chef au centre de Gabiro de l'Armée patriotique rwandaise (APR). »

Sept autres officiers supérieurs du M23 sont identifiés par Kinshasa comme de nationalité rwandaise. Les plus connus : Innocent Kaina dit India Queen, Innocent Zimurinda réfugié depuis mars 2013 au Rwanda, Bizimungu Masozera qui aurait fait partie du contingent rwandais au Darfour ou encore Bosco Mberabagabo, dit Castro.

Groupes armés proches de Kigali

D'autres sont qualifiés par le gouvernement congolais d'anciens membres de l'APR ou des Forces rwandaises de défense (RDF), l’actuelle dénomination de l'armée rwandaise. Sultani Makenga, aujourd'hui chef militaire du M23, aurait eu le grade de sergent au sein de l'APR. Baudouin Ngaruye aurait été, lui, instructeur au centre de Gabiro, comme Bosco Ntaganda, et son cousin, Patrick Safari, caporal au sein des RDF.

Pour l'écrasante majorité des officiers du M23 présents sur cette liste, la biographie se limite à leurs appartenances successives aux groupes armés accusés d'être proches de Kigali : le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), le M23, ou encore l'Union des patriotes congolais (UPC) en Ituri. Avec parfois une indication sur leur degré de proximité avec leurs chefs militaires, c'est-à-dire Laurent Nkunda, Bosco Ntaganda ou Sultani Makenga.