Burundi  - 
Article publié le : mardi 24 septembre 2013 à 08:02 - Dernière modification le : mardi 24 septembre 2013 à 08:02

Burundi: révélations sur un trafic de jeunes esclaves sexuelles

Dans la capitale Bujumbura, des maisons closes sont installées dans tous les quartiers..
Dans la capitale Bujumbura, des maisons closes sont installées dans tous les quartiers..
AFP/Esdras Ndikumana

Par RFI

Il y a quatre jours, la présidente d’une fondation d’origine canadienne, Justice et équité, a causé un choc au Burundi en dénonçant un trafic humain sexuel qui touche essentiellement des jeunes filles mineures, sur tout le territoire de ce pays d’Afrique centrale, et sur une échelle que personne ne soupçonnait.

Après six mois passés à enquêter sur le terrain, ce que Florence Boivin Roumestan a vu dépasse, et de loin, n’importe quelle fiction. Elle parle d’un trafic humain sexuel d’une ampleur inégalée au Burundi.

Des jeunes filles de 10 à 16 ans sont recrutées dans les villages les plus pauvres et les plus reculés de ce pays, acheminées dans les villes, où elles sont alors placées dans des maisons closes qu’on trouve dans toutes les agglomérations et à Bujumbura, dans tous les quartiers. «On commence à en percevoir l’ampleur ! Il y a des maisons closes partout !», s’exclame Florence Boivin Roumestan, de l'ONG Justice et équité.

Affamées et battues

L’autre cible privilégiée de ces réseaux mafieux : de jeunes lycéennes, qui sont appâtées par des rabatteurs, souvent des camarades de classe, selon la présidente de la Fondation canadienne Justice et équité, qui explique pourquoi toutes ces filles n’osent pas parler : « Parce qu’il faut les rendre dociles, il faut les dompter. Donc, on les bat, on les affame, de façon à ce qu’elles soient complètement obéissantes à la trafiquante.»

Un réseau connu de la police

Ces révélations on fait l’effet d’un électrochoc sur la société burundaise, qui ne savait pas, ou qui fermait les yeux. Mais, lundi 23 septembre, c’est la propre commandante de la police burundaise des mineurs qui est venue confirmer toutes ces accusations.

« Ce que la dame a dit, elle n’a pas menti. Mais ce n’est pas vraiment nouveau. C’est un phénomène qui est là depuis quelques années », a précisé la colonelle Christine Sabiyumba. Elle a également expliqué comment tout cela est « bien organisé », notamment avec des groupes de jeunes lycéennes que l’on trouve dans tous les quartiers de la capitale burundaise.

tags: Burundi - Droits des femmes - Femmes - Questions sociales
Fiche Pays :
Sur le même sujet :
Réagissez à cet article
Commentez cet article en tapant votre message dans la zone de texte. Le nombre de caractères est limité à 1500 ou moins.
(3) Réactions

La belle affaire

La belle affaire...Mme la colonelle dit être au courant et explique même comment tout cela est "bien organisé", mais qu'attend donc la Police pour agir?? Honte aux Autorités qui au mieux sont incapables et au pire complices; Respect et courage à l'ONG Justice et équité car la cause est noble mais la mafia puissante.

Encore bien que Mme la colonelle soit au courant

Encore bien que Mme la colonelle soit au courant et sache même comment tout cela est « bien organisé », mais que fait la Police depuis tout ce temps??? Son mot d'ordre serait-il : il est urgent d'attendre??? Honte aux Autorités et bravo à la fondation Justice et équité!

Dégoutant! Notre pays est

Dégoutant! Notre pays est tombé trop bas!

Fermer