Gabon: grogne populaire après l’interdiction d’importation de vieilles voitures


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Au Gabon, le Conseil des ministres a décidé la semaine dernière d'interdire l'importation des voitures vieilles de plus de 3 ans. L'objectif est de protéger les populations contre les accidents et surtout protéger l'environnement. Le problème, c'est que le pouvoir d'achat des Gabonais est assez maigre. Et ces vieilles occasions importées dépannent les plus pauvres.

Sa petite Toyota est vieille de 21 ans, mais André l’a transformée en « clando », c’est-à-dire, en voiture de transport en commun, circulant quasiment sans papiers dans les quartiers périphériques. « J’ai quatre enfants. C’est avec ça que j’ai eu mes enfants. Bientôt la rentrée scolaire, je dois me préparer pour inscrire les enfants ».  Quand André a appris qu’il est désormais interdit d’importer une voiture de plus de 3 ans au Gabon, il a simplement rigolé : « Libreville ne pollue pas plus qu’en Chine, non je suis désolé. En Afrique, on ne pollue rien par rapport aux autres pays industrialisés. »

Complot des concessionnaires

Quasiment tous les chauffeurs de clandos sont contre la décision : « Non c’est impossible », « Tu sais très bien que ce n’est pas possible, on ne peut pas le faire parce que tout le monde n’a pas les moyens de s’acheter une voiture et une maison », « Cela nous aide et ça aide la population, tout le monde est satisfait ». Les clients, eux, applaudissent : « c’est une bonne chose », « c’est une bonne décision, souvent dans les vieilles voitures on va avoir des accidents et c’est pas prudent », peut-on entendre.

Au Gabon, le marché des véhicules d’occasion explose : 15 000 à 20 000 occasions venue d'Europe sont déversées chaque année sur le marché, contre 5 000 véhicules neufs seulement. Les concessionnaires sont donc soupçonnés par certains d’avoir influencé la décision du gouvernement.