Justice internationale: peine de 50 ans de prison confirmée en appel pour Charles Taylor


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Un jugement pour l'Histoire a été rendu, ce jeudi 26 septembre, par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) basé aux Pays-Bas : Charles Taylor, l'ex-président du Liberia a été condamné en appel à 50 ans de prison pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre, une confirmation de la peine prononcée en première instance. Il a été reconnu coupable par la justice internationale d'un soutien aux auteurs d’exactions lors d'une décennie de conflit en Sierra Leone.

De notre envoyé spécial au siège du TSSL, à Leidschendam, Pierre Bénazet

Aux Pays-Bas, les six juges de la chambre d’appel ont confirmé à l’unanimité la culpabilité de Charles Taylor dans la guerre civile en Sierra Leone. La cour a confirmé aussi la durée de la sentence prononcée en première instance, en avril 2012. En parallèle, les juges ont rejeté l’appel du Ministère public qui, pour sa part, demandait, à l’origine, 80 ans de prison.

Une victoire pour le procureur, Brenda Hollis : « Cette décision finale confirme la responsabilité de Taylor dans de graves crimes. La chambre d’appel a confirmé que des chefs d’Etat devront rendre des comptes pour des crimes de guerre et autres crimes internationaux. Personne, si puissant soit-il, n’est au-dessus de la loi ».

La lecture du jugement final a été relativement courte. Le président de la chambre a demandé à l’ancien président libérien de se lever - ce que Charles Taylor a fait l’air impassible, cintré dans un costume sombre. Et c’est debout, devant ses juges, que lui a donc été confirmée la sentence : 50 ans de réclusion. En comptant les années passées derrière les barreaux dans le centre de détention des Nations unies à Scheveningen, il doit donc encore passer théoriquement 43 ans en prison.

Transfert dans une prison britannique

Agé de 65 ans aujourd’hui, Charles Taylor a peu de chance de sortir un jour, même s’il bénéficiait d’une libération anticipée aux deux tiers de sa peine. Le Royaume-Uni s’était dit prêt à l’accueillir, avant même le début de ce procès marathon ouvert en juin 2007. Il devrait donc passer le reste de ses jours dans une prison britannique.

Avant de demander à Charles Taylor de se lever, le président de la chambre d’appel avait longuement détaillé les quelque 45 motifs d’appel interjetés par la défense de Charles Taylor. A part certains points de détails, tous ont été rejetés.

La chambre d’appel a en particulier estimé que Charles Taylor n’a montré aucun remord. Par ailleurs, il est condamné pour avoir aidé et encouragé la rébellion sierra-léonaise, où la guerre civile a fait 120 000 morts entre 1991 et 2002. Une qualification, « aider et encourager », qui n’enlève rien, selon les juges, à la gravité des crimes commis.

Une déception pour les avocats de l’ancien chef de l’Etat comme Maitre Morris Anyah : « Le concept aider et encourager a désormais des significations différentes pour les tribunaux à La Haye. Si l’appel de Charles Taylor avait été jugé par le Tribunal pour l’ex-Yougoslavie, j’ose affirmer que le résultat aurait été différent ».

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