Grégoire Owona, secrétaire général adjoint du RDPC: «Nous avons encore du travail»


©

Au Cameroun, plus de cinq millions de citoyens sont invités, lundi prochain, à élire leurs députés et leurs maires. Et pour la première fois dans l’histoire du pays, le fichier électoral sera biométrique. Ce qui devrait limiter la fraude. Grégoire Owona, le secrétaire général adjoint du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir, était au micro de Christophe Boisbouvier.


RFI: Après trente et un ans de pouvoir, est-ce que vous ne craignez pas que les électeurs soient fatigués de vous ?

Grégoire Owona : C’est quoi être fatigué de nous ? Vous voulez certainement nous entraîner dans un supposé débat d’usure qui, à mon humble avis, n’a pas lieu d’être puisque nous avons encore du travail. Comme le président l’a si bien dit, tant qu’il y aura un malade, tant qu’il y aura un enfant qui ne pourra pas aller à l’école, notre travail ne sera pas achevé. Et je pense qu’il faut laisser le peuple aller à son rythme. L’histoire très récente de certains dirigeants chassés du pouvoir pour y avoir mis un temps qui fatiguait certains, nous montre que les printemps n’ont pas donné les fleurs escomptées.

Au nord du Cameroun, beaucoup de gens sont mécontents de la condamnation à vingt-cinq ans de prison de l’ancien ministre de l’Administration territoriale, Marafa Hamidou Yaya. Est-ce que vous ne craignez pas de le payer dans les urnes ?

La justice doit faire son travail. Et puis, ce n’est pas un problème des gens du nord, on retrouve des gens du sud, du centre, des anglophones, des francophones… Je voudrais laisser à ceux qui veulent tribaliser, l’entière responsabilité de leur analyse.

Le président Biya est âgé aujourd’hui de 80 ans, beaucoup pensent à sa succession, est-ce que vous ne craignez pas, comme dans le PDCI des dernières années de Félix Houphouët-Boigny, un bras de fer entre nordistes et sudistes ?

Non, je pense que le Cameroun est un Etat de droit, où la loi fondamentale a défini clairement un mode d’accès à la magistrature suprême. Les institutions qui ont été mises en place devraient nous permettre de faire une transition en toute responsabilité. C’est sûr qu’en cas de succession, il y aura peut-être des rivalités, soit au sein de certains partis, soit au sein de certaines régions. C’est normal. Mais je crois qu’aujourd’hui, nous pouvons dire avec beaucoup de fierté que le problème de la succession est réglé par les institutions camerounaises.

Est-ce la raison pour laquelle un Sénat a été créé, avec à sa tête un président qui sera amené à gouverner en cas de vacance du pouvoir ?

Cela y participe. Avec la possibilité, d’ailleurs, d’être lui-même candidat.

Depuis l’arrivée au pouvoir du président, il y a trente et un ans, les sudistes ont la part belle dans l’appareil d’Etat. Est-ce que les nordistes ne risquent pas de dire un jour « Aujourd’hui, c’est notre tour » ?

Je constate que vous appréciez beaucoup cette dichotomie, cette opposition nord et sud. Non, je ne pense pas que les sudistes aient la part plus belle que d’autres. Quand on regarde les institutions camerounaises, ce sont les enfants de tout le Cameroun qui y sont présents.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.