Mali: attentat-suicide meurtrier contre un camp de l’armée à Tombouctou


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Voilà six mois que cela n'était pas arrivé. Une voiture piégée, à bord de laquelle se trouvaient deux kamikazes, a explosé ce samedi 28 septembre à l'entrée du camp militaire de la ville de Tombouctou. Bilan : quatre morts, dont deux civils.

Les kamikazes à bord d’un véhicule ont pu pénétrer au cœur de la ville de Tombouctou en déjouant le système de sécurité mis en place par l’armée malienne et les forces internationales.

L’explosion a été terrifiante, les gens ont vraiment pris peur...
Le témoignage d'un habitant de Tombouctou
29-09-2013 - Par Guillaume Thibault

Une fois à l’intérieur de la ville, les kamikazes ont pris la direction du camp militaire, l’un des endroits les plus protégés de Tombouctou. A l’entrée même du camp militaire situé au centre de la ville, ils actionnent deux engins. Une grande détonation retentit, au moins deux kamikazes sont tués sur le coup ; deux civils qui sortaient du camp militaire assis sur une charrette sont également tués.

L'armée sur le pied de guerre

Le branle-bas s’installe dans le camp, les militaires maliens prennent position, le secteur est bouclé. D’après nos informations, l’engin ou les engins qui ont explosé ont également blessé deux militaires maliens, des blessés légers.

Depuis ce samedi après-midi, une patrouille de l’armée malienne est sur le pied de guerre pour voir si d’autres kamikazes ne sont pas embusqués quelque part. Les responsables de l’armée malienne à Tombouctou affirment que l’attentat est signé Aqmi, al-Qaïda au Maghreb islamique. En effet, c’est leur mode d’opératoire. Avant les événements de ce samedi, les derniers attentats de Tombouctou datent d’il y a six mois.


 ■ ANALYSE : Se faire oublier puis frapper

La menace jihadiste n’a pas disparue dans le septentrion malien, elle semble même se renforcer. La tactique se précise : se faire oublier pour reprendre des forces et revenir par surprise. C’est ce que les jihadistes viennent de faire à Tombouctou avec un sang-froid incroyable.

Ils sont arrivés à déjouer le dispositif de sécurité des forces maliennes et internationales. Ils sont même arrivés à se rendre à l’entrée du camp militaire de la ville, avant d’actionner des engins explosifs. Autre remarque, ils ont toujours de la logistique, c’est-à-dire des armes, des moyens de transports, un circuit d’approvisionnement en carburant, mais très probablement aussi, dans le désert, un centre de formation des kamikazes très actif.

En tout cas, on le voit avec l’attentat-suicide de Tombouctou, certains combattants endoctrinés sont toujours prêts à mourir. Mais ce n’est pas seulement à Tombouctou que les jihadistes montrent leur nez, dans la région de Kidal, située au nord-est du Mali, on entend aussi parler d’eux. Ils viennent de tuer au moins deux civils accusés de fournir des informations aux forces françaises et africaines.