Mali: nouvelles tensions à Kidal entre le MNLA et l'armée malienne


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Depuis dimanche, la tension est de nouveau vive à Kidal où des tirs ont été entendus ces deux derniers jours. Tôt ce lundi matin, les habitants de la ville ont entendu des coups de feu en provenance du centre où la veille des membres du MNLA avaient eu maille à partir avec l’armée malienne. Il s’agit des premiers affrontements de ce type dans la ville du Nord depuis plusieurs mois.

A Kidal, la situation est redevenue calme ce lundi à la mi-journée. Mais ce matin, vers 6 heures les combattants MNLA et les forces militaires maliennes ont échangé à nouveau des coups de feu dans le quartier de la BMS. La Banque malienne de solidarité a rouvert il y a peu dans la ville et sa sécurité était, jusque-là, assurée par des troupes maliennes.

Ces accrochages ont vite gagné d'autres quartiers de la ville. D'après plusieurs sources, des tireurs embusqués s'étaient installés sur les toits des maisons ou dans des ruelles dans plusieurs quartiers. Les populations sont restées terrées chez elle toute la matinée jusqu'à l'arrivée des forces françaises Serval. Selon nos informations, les Français sont arrivés sur place accompagnés de responsables du MNLA. Ils ont réussi ainsi à calmer les esprits et chacun est retourné dans son camp de cantonnement. Le MNLA évoque un premier bilan de trois blessés.

Quant à la Minusma, la Mission de l’ONU pour la sécurisation du Mali, selon un de ses responsables militaires sur place, elle a pris en charge ce matin la sécurisation de la banque. Des coups de feu ont aussi été tirés au passage d'une patrouille française à leur arrivée dans la ville. Preuve que la tension est grande. Kidal ressemble depuis plusieurs jours à une cocotte minute après la grenade tirée en fin de semaine dernière et l'explosion dans un ancien dépôt du Programme alimentaire mondial (PAM). Les Nations unies demandent aux deux parties de retourner au plus vite autour de la table des négociations.

Les esprits s'échauffent à Kidal

« Nous avons constaté trois séries d'incidents », explique le colonel Gilles Jarron, porte-parole de l'état-major des armées français. Des tirs et des accrochages ont successivement opposés des militaires maliens, des groupes armés de la région, d'autres éléments non identifiés ainsi que des soldats de Serval. « L'armée française s'est systématiquement portée au contact des différentes parties afin de chercher à les raisonner, assure l'officier. C'est une situation tendue où les esprits sont échauffés. Le moindre petit incident peut monter très rapidement ».

Pas question pour l'instant de renforcer les moyens français à Kidal. Un peu plus d'une centaine de soldats de Serval sont présents dans la ville. « La seule consigne que nous pouvons donner, précise le colonel Jarron, c'est de tout faire pour raisonner les différents partis présents et de tout faire pour que la tension soit abaissée au maximum ».

Situation tendue à Tombouctou

Autre source d’inquiétude, la ville de Tombouctou où il y a eu une attaque-suicide samedi. Une attaque revendiquée ce lundi par al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) comme l’annonce le site mauritanien Alakhbar. Un porte-parole non identifié du mouvement jihadiste, se présentant comme appartenant au bataillon Emirat du désert, explique que le véhicule des deux kamikazes transportait plus d'une tonne d'explosif. Le véhicule a pu entrer dans le centre de la caserne de l'armée malienne faisant 16 morts parmi les militaires maliens, et plusieurs blessés.

Le communiqué d'Aqmi ajoute que l'attentat a aussi entrainé d’importants dégâts matériels au sein de la caserne. Il a annoncé la publication prochaine d'un autre communiqué. A propos du bilan, le gouvernement malien a affirmé de son côté que cet attentat-suicide avait provoqué la mort de quatre kamikazes, de deux civils. Il annonce que sept soldats ont aussi été blessés.