Construction navale: les présidents français et mozambicain à Cherbourg

Chantier naval.
© Getty Images

Le président français François Hollande et son homologue mozambicain, Francisco Guebuza, sont à Cherbourg, ce lundi 30 septembre 2013. Les Constructions mécaniques de Normandie, le chantier naval de la ville, se sont vu commander par le Mozambique 30 navires, dont 24 chalutiers, au début du mois de septembre. Une commande d'une valeur de 200 millions d'euros qui est entourée de multiples interrogations.

Annoncée triomphalement début septembre par le gouvernement français, la construction des 24 chalutiers et des six patrouilleurs devrait démarrer dès le mois d'octobre aux Constructions mécaniques de Normandie (CMN). Ce chantier naval est depuis 1992 sous le contrôle du milliardaire Iskandar Safa et de son groupe Privinvest, qui a des chantiers en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Grèce et aux Emirats arabes unis.

A leur arrivée, les deux présidents se sont salués chaleureusement. Après avoir observé les maquettes des futurs bateaux, ils sont ensuite montés à bord de l’une des six vedettes de type patrouilleur déjà construites et qui partiront pour le Mozambique dans quelques semaines. D’une valeur de 200 millions d’euros, ce contrat tombe à pic pour les CMN, qui avaient pris des mesures de chômage partiel il y a neuf mois - 80 salariés étaient concernés. Avec la commande mozambicaine, les ouvriers CMN sont assurés d’avoir du travail pendant deux ans.

Si côté français, on est loquace, du côté de Maputo comme de Privinvest, on reste très discret sur les raisons de cet achat et les modalités de financement. On sait certes que les côtes mozambicaines sont longues de 2 500 kilomètres, qu'elles sont riches en poissons et pour l'instant surtout exploitées par des flottes de pêche venues de loin. La mise en service de cette flottille de chalutiers et de patrouilleurs permettrait donc à l'économie mozambicaine, forte de ses ressources gazières et minières, de se diversifier.

Des zones d'ombre

Mais ce contrat suscite aussi des interrogations. D’abord parce que son montant est colossal pour un pays dont le produit intérieur brut est inférieur à 10 milliards d’euros. Ensuite parce que le plan de financement du Mozambique est très opaque, le président Gebuza s’est contenté ce lundi matin d’affirmer que les ressources provenaient essentiellement de banques, mais il s’est bien gardé d’en donner les noms.

Le secteur privé mozambicain prendrait également part au projet, pourtant aucun chef d’entreprise ne faisait parti de la délégation du Mozambique. L’actionnaire majoritaire des CMN, Iskandar Safa, a confirmé ce lundi matin que le Mozambique s’est acquitté d’une avance pour le début de la construction. Il a toutefois refusé d’en communiquer le montant.

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