Centrafrique: comment désarmer les chefs de guerre de l'ex-Seleka alliés au nouveau pouvoir ?

Le général Moussa Assimeh, lors de l'interview qu'il a accordée à l'envoyé spécial de RFI à Bangui.
© Laurent Correau/ RFI

Les autorités de transition en Centrafrique et la Fomac, la force d’Afrique centrale, tentent de mettre au pas les « généraux » de l'ex-coalition rebelle Seleka. Le week-end dernier, elles les ont menacés de faire usage de la force s'ils n’acceptaient pas de se plier aux nouvelles règles. Mais neutraliser ces généraux n’est pas une tâche facile. Car ces chefs de guerre ne sont pas extérieurs au nouveau pouvoir.

Voilà un homme qui résume à lui seul toute l’ambiguïté du régime Seleka. Le général Moussa Assimeh est un militaire venu du Darfour, de la région de Nyala. Mais il reçoit dans les locaux du commissariat central de Bangui. Treillis impeccable, fermé jusqu’au dernier bouton, la barbe soigneusement taillée, il affirme avec insistance qu’il est né à Birao, en Centrafrique. « Nous l’avons vu se rapprocher de la Seleka en novembre 2012, raconte à son sujet un ex-rebelle, puis ses éléments ont commencé à nous rejoindre au moment des accords de Libreville, en janvier 2013 ».

Après la prise de Bangui, ses hommes ont été chargés par les autorités de transition de mettre en œuvre l’une des phases du désarmement. Mais leur comportement est mis en cause par différentes sources. « Quand les éléments du général Moussa descendaient dans les quartiers, explique un observateur avisé, ça se terminait par des morts et des pillages à grande échelle ».

Le chef de guerre dément sans sourciller, avec un brin de provocation : « Même si aujourd’hui je recevais une convocation de la Cour pénale internationale, dit-il, je serais en mesure de lui présenter tout ce que j’ai fait de bien ».

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Est-il prêt à se laisser désarmer ? Il soutient avec la même détermination que oui, si on venait à lui trouver plus que quatre hommes d’escorte (comme le prévoient les nouvelles règles annoncées par le pouvoir de transition). Quatre hommes : on est très loin des centaines de combattants que Moussa Assimeh dit avoir apporté à l'ex-rébellion. Un seul constat rassemble d'ailleurs tout ceux qui parlent de lui : cet homme est aujourd’hui l’un des généraux les plus puissants de Bangui. Selon une bonne source, « personne au sein de la Seleka n’est prêt à l’affronter ».

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